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GYMNASTIQUE
MÉDICINALE
ET CHIRURGICALE.
AVIS DU LIBRAIRE,
0^ E T Ouvrage n ayant pu être imprimé fous les yeux de i Auteur , U nejl pas étonnant quil fe fait glijfé dans Himpref- fon quelques fautes , pour^ îefquelLs on pne Les LeHeurs de vouloir bien confuktr éErrata qui ejl au commencement.
GYMNASTIQUE
MÉDICINALE
ET CHIRURGICALE,
O U
ESSAI
Su? T utilité du Mouvement , ou^des diffémis Exercices du'corps^ C du repos dans la cure des Maladies ;
Par M. TISSOT,
Do^diir en Melecint , & Chirurgien-Major du quatrième Régiment des Chevaux- Légers,
A P A R I S,
Cl.ez B A s T I E N , Libraire , rue du Petit- Lion, près de la nouvelle Comédie Françaife, quartier du Luxembourg. .
M. DCG. LXXX.
Avec Approbation & Privilège du Roi,
* *
MON MAITRE,
. A
MON AMI,
M=. LE PREUX,
\
DoSeur ~ Régent de la Faculté de
Médecine de P aris s ancien Pra* fejfeur de Pharmacie ^ &c^
O H s J EU R
9
Une Ephre dèdicatoire ejl ordinaîmneni un tribut de flatterie ; celle-ci ne rejfemhleret 'point à la plupart des autres^ puifque vous
â.ve^ exige* (jue et fut t dmltiê Jinctre , qui me la dictât, & que vous tnAve:(^ impofc un Jilence ahfolu fur les qualités de votre efprit & de votre cœur,
C ejl par un effet de cette meme mode fie que vous voule:^ bien regarder comme votre collègue un homme qui n'efi que votre difci- ple , & comme tun de vos amis & de vos 'égaux un jeune débutant.
Je tremble en ce moment , j*ai devant les yeux le Public , le fentiment de ma fai^ hleffe , & fur-tout la crainte qu'on ne me demande un Ouvrage digne de celui à qui J ai cru en devoir faire thommage : pouf me rajfurer un peu , je me fuis perfuadé que chacun de mes Lecleiirs' deviendrait comme vous , d'autant plus indulgent , quil fraie plus éclairé ^
Je fuis avec une efime auffi affctlucujè. que difinguée,
- Monsieur,
■ 1 Vrttre très - humble &
trcs-obcilTant ferviteur, Tissot-
PLAN DE L^OUVRAGE.
E X P O s E R les effets du Mouve- ment en général , des différens Exercices du corps ôc ceux du re- pos ; affigner les indications fuivant lefquelles on doit en prefcrire Tufage dans la cure de quelques Maladies internes & externes : tel eft mon plan , que je vais faire pré- céder de PHiftoire abrégée de P origine ôc des progrès de la Gym- naftique -Médicinale jufqu à nos jours.
ERRATA
P A G Z lîS , dans U note latine, ligne 3, ne^ns cejîui , lifez neque ajluî.
îiem, ligne 4, quâm replete, lifez quam repleeo.
F âge 130, lig. t-j ceu.'c qui les confulteoi, lif. ceux qui les confeillent.
Page iSq, lig. s , morbiphique • li/. morbifique. tage 2ze , lig. i, Jérôme Mercuriel» lif. Jérôme Mercurial.
Page 228 , lig. 23 , déveoppement , lif. développement. Fagt 239, lig. zo , aux diftennons, lif. diftentions. Fage 313, lig. 14 , lévoli.ion, lif. révolution.
Page 31s, lig. 13, Témophthifie, /i/. l’hémophthifie.’ Fage 318, lig. 8, ou, lif. oh,
Fage 313, lig.to, retournerait, lif. retournait. Page 323 , lig. t & 2 , Stef chirurgicale.
Fage 343 , lig. e6 , uniorme, lif. uniforme.
Fage 363 , note, lig. 3 , eut, lif. pcuu
HISTOIRE
T A B L E
f
des'
MATIERES
CONTENUES Dans la Gymnaftique Médicîn^e, & Chirurgicale.
jFÏ I s T O I s E alrcgie de V origine & des ^rogrii de la GymnaJHque Médicinale jüfqu'âiios jours, page i
Divijion de la première Partie , • , ij
CitA.PiTR.E (PREMIER. D U Mouvement en général,
17
N. B. Depuis l’impretifon de cet Ouvragé', lé* Li- braire a cru devoir y ajouter une Table pour lacoaiino- dit^ du Lcaeur.
t '
|
C H A P . II, Effets plus particuliers & plus fenfihles |
|
|
du mouvement , \ |
page Ȕ |
|
Ch AP. III, DES EFFETS RELATIFS |
DU MOU- |
|
VEMENT , |
35 |
|
{, P R X M 1 E X. Effets relatifs au temps , |
ibid. |
|
— — au lieu , |
. 38 |
|
1 — au degré , |
41 |
|
- lu durée. |
4« |
Chàp, jv. des differents exercices du
)
CORPS : on les divife en trois genres , 49
f. I. EXERCICES DU PREMIER GENRE, 5J
07* Sous ce titre , on expofe les effets de
l’Exercice du Billard , ibid,
•— —du Palet i de la Boule, des Quilles,.
"■ ■ ■ du Mail , de la Paume , du Volant ,
• du Ballon ,
^ ■ de la Chaffe ,
* — ~ de la Natation ,
— ' de VEfcrimt »
57
58
do
6*
DES m:stie:res. üj
Effeci de l'afiion de fauter , page 67
— de la promenade , ' 68
de monter & defcendre , " 71
deh’aflion de voyager à pied , 0 courir , 7|
— du frottage t 74
Des Exercices qui ne mettent en aÜion jue les extrémités fupérieures, i®. de ceux qui exercent particuliéremene les bras , 7S
a«. De ceux qui ne mettent en allion que les mains 6- les doigts , 79
i
Des Exercices de la voix , 80
f, II. Exxkcïcns du sbcond gsurz, 95
Sous ce titre , on expofe Us effets de L'Exercice de l'agitation opérée par le branle duher- c'eau , de la litîere , de la chaife d porteurs , : , • . , du batteau , du carroffe , du traîneau > de la ^ charrette , de la navigation, 6rc,; Cron di~
vifs ces Exercices en modérés , en violents,
96-ioa
III. Exsrcicss du TROisisuM ouNnn
109
Sous ce titre, on expofe les effets de l’Exercic^
a ij
iv
TABLE
ie la Iranloire , du jtu de Vef car palette » ù de Véquitatiom, avec différents degrés dt . mouvement.
Cbap. y, REGLES GYMNASTIQUES,.
page lao^
f. I. Le choix des exercices s laa
i, J I. Le choix du temps t 129
f, III. La mefure , la durée de l'exercice proportionnées à V âge » au fexe t au tempérament du mala-
de ! & à la faifon où. il ejl exercé , ' JiS f. I V. Précautions à prendre après l’exercice fini, 141 C H A P. V I. D tr « £ P O s , 14J
f. I. Des effets du repos , - 146
f, 1 1.. Réglés générales concefnant^lç repos, ijj
SECONDE PARTIE.
' .3
t
Indications fuivant lefjuelles on doit prefcrirc l’ufage du mouvement Cr du repos dans la cure des inaladies en général, ^
Chapitre premier. Indications d’après lef- quelles le repos doit être prefcrit dans le traite- ment des pinladits , ' *74
DES MATIERES. y.
f. I. Ualadies inflammatoires en général , telles que la fievre aiguë , le phlegmon , Véréfiptle , ùc,
page 175
La petite vérole » 184
Les contuflons , les plaies & les ulcérés »
194
i. II, Des Maladies internes ù externes de la tête,
* 100
Des Maladies des yeux , 208
Di l’Efquinancie , • aii
<. III. Dz5 Maiadims vu trO se , telles que les commotions générales , &e. ai 3
Maladies inflammatoires de la poitrine , aiS De ÜKémophthifle ù des plaies pénétrantes de poitrine , ' 217
Maladies qui furviennent aux mamelles, telles - ■ que les contuflons, les dépôts deflait , le
. Squirrhe , le Ùancer , &c. aaa
Maladies du bas-ventre , telles que les contu-’, flons Ou contre-coups aux vifeeres , lis plaies * ~ pénétrantes , les hernies , la colique néfré •
tique , la pierre , les hémorroïdes , la fifiule à l’anus, les chûtes des inteflâis & delà \i i %4.'_ matrice , la gonorrhée-, l'inflammation aux
t
tijlicules t les pertes d.efangi ire. aa8
V) table
f. ly. Malàvizs des extrémités , ullci que les piftifs , les ulcérés , lesfriLSlures , les luxu* lions , les anovrifmes , ûc. page 239
Des entorfes , ou foulures , ^ 155
Chapitre second. Indications fuivant lefquelles on doit prefcrire le mouvement dans la cure des maladies , a6o
Avant que d’entrer en matière , l’Auteur combat les préjugés de ceux qui ne foiu pas perfuadis de l'efficacité du mouvement , dirigé à propos & avec prudence > dans la cure des maladies
chroniques internes ou externes»
(t I, Des Convalefcents » 264
’ Des Ecrouelles j *7»
’ Du Rachitis > 280
Du Scorbut , 291
De la Vérole , 294
U 1 1. D»s Malavizs de lxtetb. De l’Apoplexie^ de la Paralyjie , 299
Du brgayement t &■ autres malades de l’organe de la voix > 305;
f* III, Maladi»s chkonjqums du rnONC , & partieuliérement de U poitrine , telles que U
DES MATIERES. vij'
vomïqne , on la depots enkiClcs du poumon , & de la. phthijie , page jij
idjlADItS CHKOHIQVSS DU VAS - KKJVTRS , telles que la foibleffe &. le. relâchement de l’ejlomac , les olfiruflions du foie (f det vifceres , la jaunijfet l'hydropijîe , l'hy- pocondrie, &c. 310
L’incontinence d’urine & l’ifchurit vejjîcale , 3a» Les pâles couleurs , 324
Corps étrangers introduits dans l'ejlomac ou les intejiins : par quelles fortes d’exercices peut-on faciliter leur expulfion , 326
f. I V. Maladies des BXTRBariTis , telles que le Rhumatifme , la Goutte, &c. ^ 328
De l’Anhilofe , (rc. ' 335
f, V. De t’ORTHOPÉDiB, ou des difformités naijjan~ tes du corps en général , 355;
Des diffotmtés du tronc , & entr’autres de la, potrine , telles que la boffe , 3 58
Difformités de la colonne épînitre dans fa partie
servie ale, 36*
■;
K
viij TABLE DES MATIERES.
Difformités de la colonne épiniere dans fa partie dorfale ù eomhairc « P3gc 3<SS
SUPPLÉMENT.
Des FriSlioni feches , jSa
Effets des Fripions , 383
Réglés générales pour affurer le Jueeis des FriÛionst
387
Indications fuiront lefquelles on doit prefcrire l’ufage des différentes Friélions dans le traitement des mala* Aies.
. .. ■> ■■ f ' •■1
■ ' ' ' i'
HIsfOlUE
H I s T O I R E
ABRÉGÉE
DE L’ORIGINE ET DES PROGRÈS
DE LA
GYMNASTIQUE MÉDICINALE ,
JUSqu'A DOS JOURS.
JL A Gymnaftiqae eft cette partie de la Médecine , qui eufeigne la maniéré de conferver ou de rétablir la fanté, par l’ufage de l’exercice.
La Gymnaftique Médicinale ayant pris naiflânce de la militaire , elle doit né- ce/îairement lui avoir été poftérieure , comme l’effet l’efl: toujours à fa caufe.
Lorfque les maladies , qui font pour la plupart le fruit de l’intempérance & de l’oifiveté , eurent réduit les hpmmes
A
C 2 )
à la trifte néceffité d’avoir recours aux Médecins ; ceux-ci, déjà convaincus fans doute que rien ne contribue plus à la confervation & au rétabliffement de la fanté qu’un exercice proportionné aux différences des complexions, des âges & dcsfexes, & eonnaiffant d’ailleurs le penchant dé l’homme à tout ce qui était du reffort de la Gymnaftique , ne ba- lancèrent point à s’emparer de tout ce que cet Art pouvait leur fournir d’avan- tageux pour féconder les vues de leurs malades. A cette époque , la Gymnaf- tique Médicinale commença d’éclorre.
M. Burette ( i ) fixe fa naiffance au fiecle de Platon , & Galien ( a ) aflure qu’Efciilape en fut l’Auteur. De quoi ne l’était-il pas dans l’efprit des Grecs ! La preuve que Galien donne en faveur
( I ) Le premier Vol. de l’Acad..des Infcriptions , &c. fa) Galen. ad Thrajihulum lib. utràm Medicinæ Jît , vcl Gymnufiias hygier.e. Opéra hïp. coi ù Galeni pergameni. Medicor. omnium principum, T, V. Rcnae. Charter.
c 3 )
du fils d’Apollon, c’eft qu’il ordonnait à fes malades d’aller à cheval, de s’exer- cer étant armés , & qu’il leur prefcri- vait meme les fortes de mouvemens qu’ils devaient faire , & l’efpece d’armes dont ils devaient fe fervir en s’exerçant. Cette raifon prouve bien mieux qu’Ef- culape connut quelques principes de la Gymnafiique Médicinale’, qu’elle ne per- fuade qu’il en fut l’inventeur.
On dit encore qu’Afclépiade ( i ) de
( 1 ) Afclépiade pratiquait la Médecine fans l'aide des médicamens , & ne guériflait fes malades que par • la feule façon de vivre. On remarque que de fon tems, il n'y avait que quatre à cinq chofes defquelles on ufait en toutes fortes de maladies ; favoir , faire dicte du boire & du manger , frotter le cor-ps , faire exercice , fe promener à pied & à cheval, faire bercer les ma- lades pour les endormir.
Celfe dit que la méthode d’Afclépiade , dans la cure des maladies aigues ou chroniques , était de bien fatiguer les malades pendant trois jours ; il les expo- fait pour cet effet à une grande lumière ; il les empê- chait de dormir ; il leur faifait endurer la foif , fans leur permettre de fe rincer feulement la bouche ; il les faifaij porter d’un lieu dans un autre ; il les faifait balancer dans des lits fufpendus; il leur preferivait
Aij
?vîédée ( i) faifaient pratiquer à leurs malades à-peu-près les mêmes exercices qu’Efculape aux fiens. Mais fuppofé que l’un ou l’autre eût déjà reconnu les avantages du mouvementpour la fanté, il y à grande apparence, & c’eft du moins le témoignage de Platon, qu’Hérodi- cus alla plus loin , & qu’il fut le pre- mier qui fit un Art particulier de la Gymnaftique appliquée à la fanté (2),
beaucoup de friftlons , & après les avoir bien fatigués pendant trois jours , il leur donnait de la nourriture le ijuatrieme.
( i ) Medea hominilus juventutem rejlituiffe > & in rohujiiorem eos terarern recraxijfe Jîn^itw : proptereaque cam vencJîccLm fuij^e aiunt. At twn ita. ejl ; fuie f ce mini, prudens , qua cxerckationihus gymnaflicis mollei & effe- mina.ta.Sy otioque corruptos ad ihtegram fanitatem. tra.- duxit y ù lalorihus in Lacis calidis Jirmavit. Eam ob caufam fal’ulæ occajio data, quajî homines coquendo in nviatutem rejlicuerit. Plempii , de togat. valctud. tuend. Commer.tatio, cap. 7.
( a ) Héxodicus avait appris d’ailleurs par fa propre expérience, de quelle utilité les exercices du corps pouvaient êtrp pour la fanté. Il s’était vu attaqué au I apport de Plutarque , d'une maladie réputée incurable j il s’en guérit par Pcsercicc , Sc il s’en guérit fi bien, qn’i 1 parvint à up âgç avancé. Hijh de la Santé , par Ma.ckenfu,
( r 5
En effet pratiquait , avant Héro- dicus , plufieurs 'maniérés d’exercices dans les Jeux publics , qu’on célébrait avec beaucoup de folemnité : mais ceux qui avaient inftitué ces Jeux, ne s’étaient propofc que de divertir le peuple, ou de rendre les corps plus difpos , plus forts , & plus propres à la guerre , ou d’obtenir par eux la faveur des Divini- tés en l’honneur defquelles ces Jeux fe célébraient. Une couronne & l’hon- neur d’avoir vaincu étaient toute la récompenfe duvainqueur.il fallait qu’elle fût bien grande cette récompenfe aux yeux du préjugé , car on ne fe préfen- tait point à ces Jeux publics, fans s’être exercé long-tems dans les Académies particulières, qu’on nommait Gymnajia, ou Palejlrœ.
Hérodicus , qui était Maître d’une de ces Académies , ayant remarqué que les jeunes gens qu’il avait fous fa con- duite , & qu’il inftruifait aux exercices de la lutte, du pugilat, &c. devenaient
A iij
C ^ )
pour l’ordinaire d’une fanté très-robufte , que même les plus faibles d’entreuxfe fortifiaient fouvent : Hérodicus inftruit d’ailleurs par fa propre expérience, fit alors une réflexion très-naturelle , & qu’on eût dû faire long-tems avant lui : favoir , que l’exercice & le mouvement pouvaient contribuer infiniment à la fanté du corps & à fa vigueur. Portant enfuite fes vues plus loin , il fit une fécondé réflexion prefque auflî naturelle que la première , puifqu’elle en décou- lait : celle de croire qu’on pouvait ren- dre les différens exercices non feule- ment utiles à l’acquifition de la fanté, mais encore à la confervation de la vie ; & de ces deux réflexions il conclut la poflibilité d’introduire avec fuccès les Exercices Académiques dans l’Art de guérir , en les foumettant aux réglés de aux principes de cet Art. D’après cette conféquence , qu’il crut avec raifon auflî jufte qu’elle était intéreflfante , Hé- todicus ne balança plus j il abdiqua la
Gymnaftique Militaire & Olympique , pour ne plus s’attacher qu’à la Gymnaf- tique Médicinale. Il ,en traça les réglés , 'il en donna les préceptes , & à ce prix il mérira fans doute , plus qu’aucun au- tre de ceux qui l’avaient devancé , d’être regardé comme l’inventeur de cette partie de la Médecine.
Nous ne pouvons que hafarder des conjeélures fur les réglés que preferi- vait Hérodicus ; nous avons perdu fes Ouvrages fi), mais , fi nous en croyons
( I ) Il y a apparence , d’après Galien , qu’elles regardaient d’un côté les différentes fortes d’exercices que l’on pouvait pratiquer pour la fanté , & de l’autre , les précautions qu’il y avait à prendre , félon la diffé- rence des perfonnes j des tempéramens , des âges , deâ climats, des faifons , des maladies, &c. Rien n’em- pêchede croire encore, d’après Hipocrate, qu’Hérodicus réglait aulfi fort exaûement , & même trop rigoureu- fement la manière de fe nourrir, ou de faire abftinence , par rapport aux divers exercices que l’on faifait , & aux différentes vues que l’on pouvait avoir.
Je viens de dire que nous avions perdu tous les Ou-, vrages de ce Médecin ; mais s’il eft vrai , ce que Pline a obfervé , que pour les bien entendre , il fallait être favant dans la MiiUque & dans la Géométrie, & que
Aiv
C 8 )
HIpocrate , qui avait été fon Difciple, la maniéré dont il dirigeait les exer- cices dans les maladies , n’était rien moins que falutaire aux malades. « Il 35 tuait les fébricltans , dit-il , par l’ex- 33 cès des promenades , par la lutte , 33 la dicte ôc les fomentations j n’y 33 ayant rien de plus pernicieux pour 33 ceux qui ont la fievre , que la faim, 33 la lutte, les promenades &: les fric- 33 tions ( I ) 33,
Hipocrate fait encore à Hérodicus d’autres reproches non moins graves, touchant fa Gymnaftique. « Prétendant 33 furmonter, dit -il, la fatigue que 33 caufe la maladie, par une autre fati- 33 gue , Hérodicus attirait à fes malades ,
l’étude en était fi difficile , que la plupart de fes^Dif- ciples l’avaient abandonné : ce témoignage de Pline doit infiniment diminuer nos regrets.
( Z ) Hcrodicus felricitantes tum multis olambulatio- nihus, tum. multl luSlâ & fomentis conficicia:. Idque p:alè : fehris enimfami, luBa; , olamluUcionihus , cur~ fihus , friBioni_j iifque utiquz omnilus cji inimica, Dq Moxb. f opul. L. V, Seft. 3. p. 3^4. n®. 50.
C9)
•J tantôt des inflammations , tantôt des 33 maux de côté, &c. sj. Cette cenfure, qu’Hipocrate fait ici de fon Maître , prouve qu’Hérodicus , inventeur d’un moyen très-falutaire , en abufait quel- quefois. ( Car s'exercer, dit un Moderne, nej} pas s'excéder.') La preuve en efb qu’Hipocrate lui-même prefcrivait l’exer- cice à fes malades , quoiqu’il ne le crût pas , ainfi qu’Hérodicus , utile à tous les cas.
Ceux qui vinrent après Hérodicus & Hipocrate , embrafTerent avec tant d’a^7„ deur la Gymnaftique Médicinale , qu’il n’y en eut aucun qui ne la jugeât une partie eflentielle de la Médecine. Nous, n’avons plus les écrits que Diodes , Praxagore, Philotirae , Erafiflrate , Hé-' rophile, Afclépiades, Théon, Diotime, & plufieurs autres , avaient compofés fur cette matière : mais ce qui s’en trouve dans Galien , & dans les Auteurs qui les citent , fuffit pour nous convaincre que la Gymnaftique Médicinale était
A V
C lo )
dans la plus grande eftime & du plus grand ufage chez les Anciens.
Les Modernes n’en ont pas fait moins de cas fans doute. La preuve en eft qu’en defcendant de fiecle en fîecle jufqu’à nos }ours, nous trouvons Galien, Celfe, Ori- bafe,Ætius, Jérôme Mercurial ( i ), Mar-
( I ) Jérôme Mercurial , pendant les i'ept ans qu’il demeura à Rome , les employa partie à enfeigner la Médecine , partie à cultiver les Eellcs-Lettrcs. Les Monumens de l’antiquité , dit le Doft. Eloi , qui avaient échappé h l’injure des tems , les précieux manuferits qu’il trouva dans les riches Bibliothèques de la Capitale du monde , les Ouvrages imprimés de toute efpcce qu’il eut la facilité d’y confulter ; tous ces fecours l*aiderent à compofer fon Traité , de Ane Gymnafticâ , qu’il publia lui-même , & qui eft , ajoute M. Eloi, le meilleur de tous fes Ouvrages.
En effet on y trouvp des recherches curieufes fur les exercices qui ont été le plus en ufage chez les Anciens , la Defeription de leurs Jeux Sc de leurs Courfes , avec de favantes explications. Mais une ebofe qu’on eft en droit de reprocher à Mercurial , c’eft que , trop paflionné pour l’Antiquité, dans l'étude de laquelle il s’était enfeveli , il pcufl'e fon cnthoufiafme jufqu’à condamner l’exercice du cheval , dont les An- ciens faifaient peu de cas , & que fe bornant aux jfuctciccs ufités chez eux , dans un Traité qu’il vou-
C II )
fillus - Cagnatus , Sanclorîus , Rivinus , Stlial, Jonfthon, François FullerC i),Sy^ denbam, Baglivi, Boerrhave, Wanfvie- ten ; en un mot , tout ce qu’il y a eu de grands Maîtres , & d’excellens prati- ciens, qui tous , ont recommandé l’exer- cice, la promenade, l’équitation, &c.
lait rendre utile à fes Contemporains , il ne fait aucune mention de ceux qui ont été en ufage dans les fiecles moins reculés,
( I ) Cet Auteur , dans fa Médecine Gymnaftique i qui parut en Anglais au commencement du dix-huitieme fiécle , s’eft propofe fpécialement de faire envifager l’exercice comme cflentiel à la guérifon de la confomp- tion , de l’hydropifie & des affeftions hypocondriaques. Cet excellent Traité , qu’il ferait à fouhaiter qu’on eût traduit en notre Langue, contient tant de chofes importantes pour la fan té , que des gens qui fentent le prix de ce genre d’étude , ne le liront jamais fans plailir & fans ftuit. Un autre objet fur lequel il s’eft expliqué avec autant d’exaftitude que d’intelligence dans le même Traité, c’eft l’ufage de la brolTc &; des fri étions.
Ce Livre a pour titre , Medicînn GymnaJHca •• or , a Treatife cpnccrmng the Power of Exercife , îVitk Refped tothe animal Oeconomy; Ani the great NeceJJity of ic 3 in the cure of Sevtral diftempers. By Francis FulUr M, A. The Sixeh Edition. London ryaS.
A vj
/
( 12 )
comme des moyens excellens de guérl- fon dans plufieurs maladies.
Enfin dans notre fiecle & de nos jours, un Médecin célébré (orti de l’Ecole de l’Hypocrate Hollandais , eft venu ajou ’ ter le dernier degré de gloire ôc de fuccès à la Gy mnaftique Médicinale. Ap- pellé à Paris , il y a quelques années pour y pratiquer l’inoculation fur la per- fonne d’un Prince cher à la Nation, il y fut à peine connu, que la foule des malades l’inveftit ; il prêcha dans ce pavs- ci une doélrlne que nos Médecins n’a- vaient pu faire recevoir; cette doc- trine fut celle du mouvement &' des exer- cices du corps. Comme il cd un mo- ment où la vérité qu’on a rejetée, s’é- tablit enfin en dépit de tous les efforts qu’on fait contr’elle, M. Tronchin fut heureux, il perfuada; & alors il fut du bon ton de faire de l’exercice , nos Pe- tites-Maîtreffes adoptèrent ce moyen curatif, comme une mode nouvelle. La lupart des malades qui confiai talent
C 13 )
M. Tronchln , étalent des gens riches , perdus par la molleffe, roifiveté & la bonne chere ; l’exercice & la diete , voi- làquelie devait être leur médecine, aufll M. Tronchln eut- il les fuccès les plus brillans. Quand on a des connaifTances aufli profondes que M. Tronchin, on voit que , dans bien des cas, la bonne mé- decine n’eft pas tant l’art de faire des remedes , que -celui d’apprendre à s’en palTer. ,
Notre Gymnallique aduelle confifte principalement en jeux & en plaifîrs. Mais nous avons banni de nos moeurs libres & enjouées cet appareil impo- fant dont les Grecs & les Romains re- levaient leur maniéré de s’exercer. Nos principaux jeux font le mail , le billard, la paume, le volant , le ballon , la boule , les quilles, tcc. qui peuvent tous être em- ployés utilement dans l’art de guérir.
Les voitures de toute efpece, les pro- menades publiques qui décorent nos Villes & leurs environs, la chafTe,
C H ^
l’équitation, &c. fournilTent à chacun dif- férens moyens de graduer le mouvement relativement à fon goût & à fes befoins. Mais il n’appartient qu’aux Médecins de diriger l’ufage de tous ces exercices, & d’en faire la jufte application.
Ce principe qui eft vrai par rapport à toutes les maladies en général, le de- vient encore plus , lorfqu’il s’agit du trai- tement des maladies chirurgicales; & c’eft pour cette raifon que je m’étendrai plus particuliérement fur cet objet, parce que cette matière efl: prefque neuve.
c ir )
PREMIERE PARTIE.
Des effets du Mouvement & dut Repos.
Si'igtda quceque locum teneantaptata decentsr.
Je traiterai du mouvement en général ; j’expoferai fes effets les plus ordinaires & les plus fenfibles. Je rangerai enfuite fes efpeces différentes , ou les différens exercices du corps chacun dans leur clafife ; & je ferai connaître comment ils agiffent fur lui & fur fes différentes par- ties, relativement au tems, au lieu, à la nature de l’exercice, à fon degré & à fa^urée. Autant de détails, qui amèneront comme naturellement les ré- glés gymnaftiques les plus propres à procurer au mouvement & à fes diffé- rentes efpeces tout le fuccès que l’on en peut attendrci
!
( i6 )
Enfin je fuivrai à l’égard du repos à-peu-prcs la meme marche que j’aurai fuivie à l’égard du mouvement C i )•
( I ) Tar le plan que nous venons de nous tracer , nous' promettons d’être méthodiques dans cet écrit ; mais nous ne faurions nous flatter de pouvoir être courts. On fuit ce mot d’Horate , Brfvis efft lahoro , otfeurus Jio. Cependant cc ferait moins l’obfcurité que nous aurions à craindre ici en voulant nous rétrécir & nous abréger, que le danger prcfque certain d’étran- gler les matières au lieu de les traiter , de les effleurer au lieu de les approfondir. Si donc nous fommes longs Sc. diffus ,■ fl nous le paraiflbns même , ( ce que nous tâcherons d’éviter ) , notre exeufe fera dans la grandeur & rijnportance de notre fiijet.
i
( I? )
I
CHAPITRE PREMIER.
Z) U Mouvemtnt en gêner ni,
^^ü’est-ce que le mouvement ? Nous n’entreprendrons point de définir le mou- vem.ent: la définition en ferait peut-être plus difficile ( i ) qu’on ne penfe. Nous nous contenterons d’en expliquer les propriétés, d’en expofer les opérations relativement à notre objet.
Le mouvement eft l’ame de toute la nature ; c’eft avec lui que nous commen» çons notre exiftence ; que nous la ter- minons quand il nous abandonne. Il nous conduit à la mort en travaillant à main-
( I ) Je dirais volontiers du mouvement ce que Saint Auguftjn difait du lems : fi quæras quid fie etmpus, nefeio ; fi non qucerai , fieïo. 11 ferait aîTé de prouver l’identité de ces deux idées, & par conféquent la difficulté des deux définirons ; mais toute difieitation logique ou métaphyfique ferait déplacée,
( i8 )
tenir notre viej il forme nos humeurs & les détruit ; il arrofe nos fibres & les delTeche ; il nous nourrit & nous con- fume; en un mot, tout fubfifte, tout eft confervé . tout périt par le mouvement. Ce qui liait voir d’un côté la nécefiité de ce principe adif, & de l’autre la né- ceflité du repos , qui lui eft oppofé.
Le mécanifme général de notre corps eft tellement dépendant du jeu & du mé- canifme de chacune des parties qui le compofent, que fi l’une de fes machi- nes particulières n’exerce plus fes fonc- tions , le tout qui forme leur affemblage & leur harmonie, eft expofé aune def- trudionplus ou moins prompte. Laliaî- fon & la dépendance que l’Auteuf de la nature a établies entre toutes les parties de ce compofé merveilleux font fi in- times, que le Prince de la Médecine nous a repréfenté le corps animé, de jouifiant de fes fondions , comme un cercle dans lequel on ne peut recon- naître ni commencement ni fin.
C Ij? )
En effet les inftrumens deftinés à la chllification tirent leurs forces des or- ganes de la fanguification , ceux-ci des nerfs & du fluide qu’ils contiennent; & ee fluide (fi nous en croyons le fyuême le plus univcrfellement adopté, & au^ quel il manque peu de chofe pour être démontré) J ce fluide tire fon origine du fang ; & le fang, des alimens que nous prenons tous les jours. De la confiance & de la régularité de fondions aufli différentes & aufli multipliées, dépen- dent notre fanté & notre vie,
Il ne fuffitpas de prendre des nourritu- res, il faut qu’elles foient bien digérées, changées en fang, & ce fang doit être allez travaillé pour fournir non feulement la Ample nourriture de tout le corps , mais encore un fluide très-fubtil qu’on appelle fluide animal. Chaque liqueur doit être féparéedans des organes particuliers, & celles que la nature rejette comme inu- tiles & dangereufes, doivent être pouffées au dehors.
C 2.0 )
II ne faut donc négliger aucun des moyens qui facilitent Texpulfion ou d’un fuperflu des bonnes humeurs, ou des ma- tières, qui, en refluant dans la mafTè, pourraient la corrompre. Les deux prin- cipaux moyens que la nature nous in- dique, font le mouvement ^ le repos.
Il paraît bien fingulier que deux ades ' fl oppofés en apparence , puiflent ten- dre au même but pour faciliter & per- feâionner toutes ces opérations. L’é- nigme ne fera pas difficile à deviner , fi l’on réfléchit que le mouvement produit des pertes , & que le repos doit les ré- parer.
Mais pour être pleinement convaincu de lanéce'fïïté du mouvement, par rap- port à l’accomplifTement régulier de toutes les fondions dans lefquelles con- fiftent la vie & la fanté, il ne faut qu’en- vifager avec attention la ffruclure du corps humain. C’eft; un affemblage mer- veilleux de vaifleaux de différens dia-. mètres qui font entrelacés les uns dans
I
C 51 )
les autres , ferpentans entre les fibres miifi culaires, à la preflïon fuccelîîve def- quelles ils doivent une grande partie de leur mouvement & de leur aâion fur les fluides. A mefure que les mufcles entrent en Jeu, ils produifent, fur les vaifTeaux fanguins des fecoufTes réitérées qui fe communiquent dans tout le fyf- tême artériel Sc veineux. Ces fecoufles non feulement procurent aux fibres la force & la fouplefle qui caraétérifent leur bonne conftitution, mais elles broyént, atténuent & fubtilifentles liquides conte- nus dans les vaiiTeaux, achèvent la tranfi- mutation du chile en fang, en lymphe & en fluide animal.
La nature a muni les valfleaux , qui rapportent le fang & lalymphe , de nom- breufes valvules , pour que Taftion des mufcles pût aider à en expulfer le fluide. Mais fans cette aétion , cette invention admirable refte fans effet. Cette caufe finale de l’économie du corps humain, prouve jufqu’à la démonflration , la né*-
( 22 ;
ceflité du mouvement, & pour la con- fervation, &pour le rétablilTement delà fanté. Donnons-lui encore plus d’évidence & d’étendue dans un fécond chapitre.
CHAPITRE II.
Effets plus particuliers & plus fenjibles du Mouvement^
JLtE mouvement eft l’adion par- laquelle le corps eft mû, foit en total , foit en quel- qu’une de fes parties. Cette adion s^o- pere par le jeu des mùfcles qui font les feuls organes par le moyen defquels nous avons la faculté de nous tranfpor- ter d’un lieu dans un autre, de mouvoir nos membres fuivant nos befoins.
C’eft par l’exercice que s’opèrent les différens mouvemens du corps. Par le n70t ài exercice en général, on doit en- tendre toutes les adions qui peuvent don- ner à la machine un certain mouve- ment capable de la mettre en jeu. L’exer- cice eft un travail ou un amufement. La nature nous invite à chercher dans l’un les fecours dont nous avons befoin
( )
pour notre plalfir ; & les hommes ont imaginé l’autre pour leur utilité. Mais on fe livre volontairement à l’exercice, quand il eft amufement, au lieu qu’on s’y porte avec peine, lorfqu’ii nous offre l’image du travail.
Tout exercice confidéré dans l’homme qui s’exerce, eft un mouvement aug- menté , & ce mouvement reçoit fa prin- cipale augmentation dans la partie qui agit le plus : mais bientôt il doit s’éten- dre à toutes les parties , fuivant les loix de la circulation. Ainfi par le mouvement les liqueurs arrêtées , qui s’aîcalifaient , coulent librement dans leurs canaux ; celles qui étaient trop épaiffes , font atténuées ; celles qui man- quaient d’aélivité, ont leurs fels plus développés. Les fibres fe diftendent , elles acquièrent de nouvelles forces pour pouffer les fluides , pour empêcher ou dilïîperles engorgemens ; les liquides pouffés avec plus de vigueur , parvien- nent aux tuyaux fccrétoires de la peau ;
la
C ri; )
la tranfplratlon devient plus abondant#, transformée en fueur, elle entraîne avec elle les fels âcres , & un grand nombre de parties hétérogènes qui gâ- teraient la malTe du fang. Les liqueurs parvenant plus de fois aux organes fecrétoires qui ont reçu eux - mê- mes une nouvelle énergie , les fecré- tions fe font librement, & délivrent le fang d’une infinité de parties étran- gères.
La preflion Sc l’atténuation qui font les principes de la nutrition, augmen- tent & dans tout le corps , 6c dans la partie exercée. L’application de la ma- tière aflimilée eft plus copieufe, plus prompte & plus ferme : telles font les raifons de la force qu’acquierent les fibres dans les gens qui font une grande habitude de l’exercice.
Que l’on compare les animaux fau- vages avec les animaux domeftiques 'de meme efpece , on verra ce que peu- Yeat l’exercice te la liberté pour U
B
< 2^ 5
vigueur du corps ; ces derniers font gras, parce qu’ils font bien nourris , bien foi- gnés ; mais ils font mous , faibles & lan- guilTans; & l’on voit qu’ils ont perdu leur plus bel apanage.
Sans aller chercher des exemples parmi les animaux , établiflbns un parallèle entre la force de ces gens qui travaillent aux halles & fur les ports , avec celle d’un Tailleur, d’un Fabricant d’étoffes, ou de tant d’autres métiers fédentaircs.' En comparant leurs forces refpeélives, on croirait que ce font deux efpeces d’hommes différentes : aufîî les Anato- miftes ont-ils obfervé que nous n’avons point de parties plus charnues & mieux mufclées que celles que nous avons exercées > à la feule infpeélion des mem- bres , ils devineront le genre de pro- feffion qu'on exerce.
C’eft donc un fait confiant que l’exer- cice des parties fert beaucoup à les développer & à les faire croître , <Sc conféquemment è les rendre plus fortes
C ^7 5
thei tous les ouvriers dont le travaîf eft fort & continu ; c’eft une vérité d’expérience que l’exercice & le travail fécondant en eux l’ouvrage de la nature , donnent à leurs membres plus de grof- feur & de nerf, en raifon du mouve- ment qu’ils en ont reçu. •
Au contraire , lorfque les mufcles deftitués d’aâion ne fécondent point la circulation du fang , il en réfulte que le fang pénétrant avec peine dans les der- niers replis , il n’opere qu’une nutrition imparfaite. Par défaut de nutrition les mufcles fe deffechent , & leur relfort fe ralentit ; les mufcles femblent s’appauvrir en punition de leur indolence , & ils n’ont plus la même folidité ni le même jeu.
Qui ne fait pas que les perfonnes qui vivent dans l’inaétion, les Cacochlmes iïur-tout, font fujettes à une infinité de I maladies, que leurs fibres font faibles ôc ! relâchées , que leurs fens s’émouffent, (Jlue tout leur corps s’engourdit ? « Telle
Bij
28
» une eau ( i ) courante , dit Plempius,
« fe conferve pure , tandis que celle 5> qui croupit fe corrompt : tels nos 35 corps font confervés en fanté par >3 l’exercice , au lieu que la parelfe &
33 l’inadion font pour eux une fource 93 de corruption & de maladies
Que faudrait- il peufer d’un homme qui imaginerait fe procurer la fanté en vivant dans l’inaélion? La même chofe -qu’on penferait d’un autre qui fe condam-
( » ) Uci aquœ dejîdes putrefcunt , ica & corpon nofira corrumpi ocio acque i^naviâ. Plempius , de togat. valetud. tucnd. Cap. 7.
(* ) C’eft ce qu’Ovide a bien esprîmd par ces deux vers ;
Cernls ut îgnavîem eorrumpant oria corpus T Vtvicium capiant , ni moveancur aquæ?
De ponto Eleg, in 6 MifTar.
ta penfée d’Horaeç à cet égard eft encore plus énergi- <lue & plus forte ; il prétend que l’inaftion & Poifiveté engourdiflent tellement les fens , qu’elles conduifent à «n oubli total de^e qu’on avoit fu.
Uoüïsinenii car tantatn difuderic obllvionem fcnfilus.
F offula. lesheos utji ducentu fomios arcntefauce craxerirnt
Hur. in £podO|
C )
nefait au Clence pour perfedîonner fa voix. . . Il eft confiant en effet que le propre du mouvement eft de donner non feulement de facftion aux parties, mais encore de la régularité à leurs fondions ; que fon effet eft de fuppléer aux forces, & de les rétablir chez les perfonnes qui s’exercent. En un mot, le grand reffort de la fanté , c’eft le mouvement, & l’indolence la détruit.
Un autre avantage du mouvement , indépendant de tous les précédens, c’eft qu’il fait jouir d’un air toujours nouveau : une perfonne qui ne fe remue point, altéré bientôt l’air qui l’environne , & il lui nuit. Au contraire une perfonne en adion en change continuellement. Enfin le mouvement peut fouvent tenir lieu de remedes , & tous les remedes du monde ne peuvent pas tenir lieu du mouvement.
Ajoutons que le mouvement ne peut procurer tant d’avantages au corps , que l’ame ne fe reftente en même tems 4e
Biij
( 5^ )
Tes bons effets : auffi la fecrctlon de la lymphe qui fe fépare dans le cerveau fera-t-elle facile , & d’une bonne qua- lité. Les nerfs feront exadement ten- dus , & obéiront facilement à toutes les împreffions des fens. De là cet état par- fait de l’ame pour fentir &: agir avec la plus grande force poffible : de là cette aptitude de concevoir les chofes , cette facilité, cette gaieté, qui accompagnent quelquefois le travail le plus pénible, & qui ont le pouvoir de chafler tous les ennuis de l’efprit, & de guérir les chagrins les plus cuifans du cœur.
Socrate , l’un des plus beaux efprits de l’antiquité , avait un foin extrême d’exercer fon corps , & il regardait l’exercice qu’il aimait beaucoup, comme très- favorable à la fanté (i}.
( I ) Cura ilU vehemem fuit eorporis exereitationis ,
•ratque praclari habitus Sapiàs faltabat, tan
cxercirationem plurimum ai tuendam bonam ralctudintm 0onducere exijliman» , Jîtut ù Kenophon in fympojiê Cifiatur, Diog, Laen. , ia ritâ Socratis.
( î» ï
Juîes-Céfar , au rapport de Plutarque^ était d'une complexion fort délicate" ; il l’avait fortifiée par l’exercice , par la guerre fur-tout , dans les fatigues de laquelle il avait trouvé un remede à fa faiblefTe.
Et notre Henri-le-Grand, le meilleur de tous les Monarques , à quoi dut-il ce tempérament de feu , capable de fupporter les plus grandes fatigues & les plus grands revers , fi ce n’eft à l’édu- cation ruftique que fon fage aïeul lui avait fait donner?
II eft peu de perfonnes qui naîent été dans le cas de s’agiter , & de faire plus d’exercice dans de certains tems que dans d’autres : que ces perfonnes obfervent l’époque de leur vie où elles auront joui d’une meilleure fanté, ce fera cclle-là.
Autant il eft ordinaire de voir les gens oififs & parefleux être valétudinai- res & languifTans 5 autant il eft rare de voir ceux qui font accoutumés au tri»
B iv,
( 3^ 3
vall devenir malades , à moins qu’ils ne s’y livrent trop,
La plupart des Médecins & Chirur- giens jouilïent de la meilleure fanté. A! quoi faut-il l’attribuer? Aux remedes qu’ils font , au régime qu’ils tiennent ? Ils n’ont le tems ni de faire des reme- des, ni d’obferver de régime; mais ils font continuellement en mouvement ; ils vont & viennent fans ceffe , montent & defcendent ; l’aélion eft l’ame de leur fanté , dit le Dodeur Andry ( l ) : enfin l’exercice étend fon influence jufqu’aux facultés de l’ame, dont toutes les opé- rations, toutes chofes d’ailleurs égales, font plus vigoureufes dans un corps fort & robufte.
Et qu’on ne nous objede pas que les hommes qui font contiouellement occu- pés à des ouvrages groflîers , & qui exer-
( t ) Attendt etldm quâm profperâ v:iletudinc ucjntur plerique Mtdici , eûmes eitque redeuntes , afeendemes , tse femper itantes- Quxft. Med. an prxcîpua valetud* »utcla eicrcitatio , Nicol. Audry^ 1741.
< 3î)
Cent par conféquent leurs corps le plus vivement 3 devraient avoir beaucoup d’efprit, tandis que l’expérience nous prouve tout le contraire. Cette objec- tion porterait à faux, puifque nous ne parlons pas ici de la néceflité d’un tra- vail excédent & continu, mais d’un exercice modéré, puifque nous ne de- mandons pas une lalîitude, mais un vrai délaffement.
En effet , fi l’efprit d’une part eft trop vivement & trop continuellement occu- pé, les fibres du cerveau trop tendues ab- forbent une grande quantité d’efprits , '& ne s’étendent qu’au détriment de la ma- chine ; fi le corps de l’autre eft dans une agitation trop violente & trop habiti elle. Ton action continuelle abforbe le fluide nerveux ; double raifon pour laquelle les gens de cabinet font d’un coté fi froids, fi faibles, fi déficats, qu’ils ont la peau plus blanche, plus douce & la voix plus faible; & que les Laboureurs de l’autre, ôc tous ceux dont les tra-
B V
( 34 )
vaux font vîolens & continus, font fî groffiers, fi lourds, j*ai prefque dit, fi peu peiifans ( i ).
Tels font les effets du mouvement les plus généraux & les plus ordinaires. Ce- pendant ils font plus ou moins fenfibles dans tel ou tel homme , ils varient même relativement à beaucoup de circonfian- ces. C’efl: ce qui demande un Chapitre particulier.
( 1 ) Ces réflexions phîfiologiques fembleront peut- '«ue déplacées ici, & quelques Lefteurs pourront les croire étrangères à noir€ fuji,t. Je prie qu'on fufpende fon jugement ; on verra dans la fuite qu’elles étoient comme néceflaircs , & que j’ai tâché d’en faire une application méthodique par rapport au mouvement coït- £déré fous le point de vue tbéiapeutique , dans la cure its maladies*
( î; )
CHAPITRE III.
Des Effets relatifs du Mouvement»
JL A plupart des effets généraux du mou- vement font plus ou moins fenfibles dans rhomme ; ils y éprouvent même une in- finité de variétés relativement au tems, au lieu, à la nature de l’exercice (i), à fon degré , à fa durée. Autant de para»» graphes de ce Chapitre.
S. I".
Effets relatifs au tems.
Si c’efl le matin que le corps eft mis en mouvement, les organes de la première digeftion acquièrent plus de force ; la for-
( I ) Mous nous difpenfesons de parler ici des effets relatifs à la naturt de l’cieic’c* , leur place naturelle fe trouvera dans le Chapâur uh a«us Kaittfons de cluK^uC eiercitc ca pviituUcr»
B vj
C 3^ )
tiedes matières excrémentltlelles efl: plu- ' tôt favorifée, &la circulation'fe fait beau- coup mieux dans les vifeeres qui ne font plus ni gênés ni comprimés par les excré- mens. Les urines fant plus confidérables en quantité, & la qualité en eft aulîî changée ; la partie fédimenteufe en doit etre plus abondante. Toutes les fecré- tions augmentent ; Ton mouche & l’on crache plus qu’à fon ordinaire aux heu- res auxquelles les évacuations ont cou- tume d’augmenter, Ainfi , comme l’exer- cice du matin , après le relâchement procuré par le repos & le fommeil , aug- mente la tranfpiration , il augmente de même les autres évacuations.
Qui n’a pas remarqué que l’exercice " que l’on prend de quelque nature qu’il foit , eft toujours plus falutaire à la pre- mière fraîcheur du matin ^ à la campa- gne fur-tout, & quand le tems eft beau? Mais il ne faut pas attendre que tout le baume, de la nature foit dilîlp é. L’air du matin porte dans celui qui le refpiré
C 37 )
une force & un bien-être dont il fe ref- fent toute la journée. Voilà pourquoi les malades fe trouvent moins engour- dis, plus fouples, plus frais, plus lé- gers, après les promenades du matin & qu’ils font comme fûrs d’y gagner de l’appétit ( 1
Si l’eftomac ell: plein d’alimens , lorf- qu’on s’exerce, on eft bien moins dif- pos& moins agile, le mouvement trouble alors la digeftion, il précipite la dif- tribution des humeurs, avant qu’elles foient élaborées & qu’elles aient acquis les qualités néceflaires pour la nutrition. Si c’eft le foir , & peu de temps avant de fe mettre au lit, même lorfque la-
( I ) Qu’cft-ce que toutes les friandifes pour un efto- . aac malade , s’écrie Plutarque ? Et qui peut ignorer qu’il n’cft point de fi bonne fauce que l’appétit ? Optimum condimentum famés ejî.
On dit que dans une marche Alexandre renvoya fes Cuifîiiiers , difant qu’il en avait de meilleurs avec lui ; favoir , une longue marche à faire le matin , qui lui vaudrait de l’appétit à dîner; & un dîner frugal, qui )ui ferait uouver fon foupet exccllear.
C 3S )
digedion efl faite dans les première* voies, alors le mouvement qu’on prend fait achever la digeftion qui doit fe faire dans les fécondés, & le fuperflu eft plus difpofé à être évacué. D’où il réfulte que rendant plus libre le cours des hu- meurs , l’exercice les rend auffi plus dif- pofées aux fecrétions. Enfin les malades goûtent en fe couchant les charmes du fommeil ; & celui - ci verfe dans leurs veines un baume ineftimable , propre à rétablir leurs forces.
$. ir.
Effets relatifs ait lieu.
Si l’on s’exerce dans un endroit chaud, ou lorfque le foleil darde fes rayons , la tranfpiration eft plus prompte & plus confidérable que dans un lieu tempéré. Si c’eft au grand air& par un temsfec, ce même effet eft plus fenfible ; mais l’air agiffant avec plus de force fur les poumons, la circulation eft plus accé- lérée dans ce vifeere, les fecrétions fe
C 3P )
font beaucoup mieux. Auflî voit -on que les étouflfemens des afthmatiques & les relTerreme.is convulfifs qu’éprou- vent ces malades , dès qu’ils ont pris du mouvement au dehors finifTerit le ma- tiri par des évacuations bronchiques.
Si c’eft à la campagne , celle-ci pré- fente fes prés, fes montagnes, fes val- lons, fes forêts & fes bois. Qu’ils font délicieux ces bois ! En y entrant , un charme univerfel fe répand fur tous les fens & confond leur ufage. On croit voir la fraîcheur avant de la fentir ; une odeur agréable, mais indéterminée ,laifle à peine à difcerner fi elle affeâe le goût ou l’odorat ; l’air meme fans être apper- çu , porte dans tout notre être , une vo- lupté pure qui femble nous donner un fens de plus, fans pouvoir en défignec l’organe. En un mot , la campagne offre mille délices & une multitude d’objets propres à dilfiper , à exercer & à guérir les malades qu’on y envoie. •
Çe font fui-tout les gens de Lettres &S,
(' 40 )
les amis des Mufes C i ) qui goûtent avec dIus de tranfports & de charmes, avec plus i’utilité & de fruit pour le rétablifle- ■ment de leur fanté, tous les agrémens & tous les avantages de cet heureux fc- jour. En vain un Médecin auftere & in- quiet leur défend d’y porter leurs ta- blettes, ils n’y vontjamais qu’avec elles. Retournent - ils à leurs livres _ après s’être exercés 'délicieufement? Ils les re- voient avec joie ; ils ne leur parailTent plus ni faftidieux, ni dégoutans; ils travail- lent avec une nouvelle ardeur, & leurs produéfionsne fentent pas ce travail gêné & fâcheux, qui fatigue le leéîreur, parce que l’Auteur femble fatigué lui-même. On croirait volontiers que les elTors des efprits font d’autant plus grands , qu’ils ont pris d’autant plus de terrein pour s’élancer (2).
(t) 0 Rusl quinio ego te afpiciam} s'écriait Horace, (a) Végéta & Jlrenua ingénia, quà plus recejftu fttmunc, eà meliores impetui cduBf. Val.j Muùu. Lib, 5, Cap. 6, p, 140.
C 41 )
■ Voulez-vous une nouvelle' preuve, une convidion de plus , de rutilité de Texercice pris à la campagne? Voyez la différence qu’on obferve dans la fanté des femmes de qualité, lorfqu’elles ont paffé la belle faifon à la campagne , re- lativement à celle dont elles jouiraient lorfqu’elles ont quitté la ville,
§. III.
Effets relatifs au degré.
Le mouvement modéré a la propriété de réveiller doucement la chaleur na- turelle, c’eft-à-dire , l’adion des fibres & l’ofcillation des vailfeaux, d’entretenir la foupleffe & le reffort des mufcles , de fortifier les nerfs & les jointures. La maffe des liqueurs acquiert par fon fe- cours plus de fluidité : il s’en fait.pne plus jufte diflribution dans tous les vif- ceres; fon cours rapide & bien réglé l’em- pêche de s’épaiflir comme il le ferait dans un lâche repos. Enfin le mouvement mo-
f 4^ >
àéré donne de l’adivité aux facultés du corps & autant de force & de vigueur que de légéreté à celles de l’ame & aux organes des fens.
C’efl: par lui que ces malades languif- fans qui ont gardé long-tems le lit pour la cure des maladies longues , commen- cent à jouir d’une meilleure fanté; que leurs membres reprennent leurs forces & leur agilité ; que les principes d’obf- ' trudion fe réfolvent; que refprit lui- iriême, plus libre & plus difpos, par- ticipe aux bonnes difpofitions du corps.
Je dis plus : le mouvement modéré & bien entendu donne une vigueur à cer- . tains malades qu’ils n’auraient jamais eue fans lui f i ).
Mais plus le degré de mouvement eft violent, plus l’atténuation des parties
(i) Delec exercitatio , ut utilis Jît , mcdemca ejfe ae tempejliva. Moitrati exercitadone corpora. leviorcLfimu. Omnes enim partes, pracipué mufculi & tincula mota, ah excremends purgantur , perfpira.lile ad exhaUdonem prœparacur , & fpiritu ndduat eenuiorts, Pleinpius « fbiJt 4UÔ fuprà.
C 43 )
eft confidérable , & plus la perte doit être grande. En effet dans cette rapi- dité de mouvement , il n’eft pas poffible que les parties qui acquièrent toutes un degré extraordinaire d’atténuation , ne foient plus fouvent offertes aux vaif- feaux excrétoires & ne foient chaffées plus rapidement. D’où il fuit que les hu- meurs excrémentitielles étant portées dans leurs couloirs & enfuite jettéeshors de leurs conduits en quantité proportion- née au mouvement qui en a facilité la fecrétion , il fuit de là, dis-je, que lamafle des humeurs doit fe purifier & fe dé~ charger des ruines de tous les récrémens & de la férorifité furabondante plus que par toute autre excrétion f i
Si le degré de mouvement efl poufïé à l’excès , qu’en réfulte-t-il ? Il affeâe
( / ) EffeÛus motût vehementis & fruElus funt', torpen» tem in nolis excitare caLorem ; eàque & fpiritus reddere vegecot atque alacres , & uc ventüatio yaleas i tritico , O fpica.s inanes fiatu difpelUt : iti exereitatiu quoque fugat naxios i corpore humorti. plempiui , ibid.
C 44 •)
les facultés du corps ; il entraîne à fa fuite les plus grands dangers. Il ufe à la longue les relTorts des vifceres , il ex- ténue les fibres, &e. (i).
La fubftance nutritive des alimens de- vrait , il eft vrai , réparer cette déper- dition ; mais elle eft fi confidérable , que h nourriture la plus fucculente n’y peut fuppléer. L’eftomac eft d’ailleurs trop fatigué lui-même pour opérer de bonnes digeftions ;ou s’il parvient à fournir quel- ques fucs fuffifamment travaillés, ils font trop promptement entraînés au travers des vailTeaux; ils n’adherent point à leurs pa- rois; ils s’échappent par les voies de la tranfpiration.
Et qu’on ne croye pas que ce ne foit que le fuperflu des humeurs dont on a eu peut-être intention de délivrer h malade, qui s’échappe pour lors. C’e(
( Z ) iTTimoderacj. exercititio confumît quidiiuid i nolis mite placidumque ejl , 6r acria concitat , eôq: inducit in nohis calorern prxter naturam, Sitque ad. . immoderata ut calidum nativum refolvac , eiim refriser,: nos. ritmi'ius , iWd.
c 4; :)
la fubftance la plus pure du fang, c’efl: la vapeur la plus déliée des liquides ; c’efl: cette lymphe précieufe qui vivifie tous les membres , qui s’exhale & s’évapore. Cette déperdition efl: une fuite de l’ef- fervefcence des liqueurs, du gonflement des vaifleaux, de la dilatation du tiflii de la peau , qui font eux-mêmes l’effet de l’excès du mouvement. De là vient que les vifceres privés des fucs alimen- taires, tombent bientôt dans le marafme , que le fang trop épaifli ne circule que difficilement; que la maladie, bien-loin de céder au mouvement indiqué, mais pouffée trop loin , prend un mauvais ca- raftere ; que les accidens deviennent fâ- cheux , & que l’on efl: obligé de recou- rir au repos qui précédemment était contr’indiqué. En un mot, l’exercice forcé & pouffé au dernier degré celle d’être un bien , comme le défaut d’exer- cice efl: un mal. Ne quii nimis. C’eft le mot d’un fage , qui reçut ce beau titre pour n’avoir dit que ce feul mot,
( 4« >
5. IV.
Effets relatifs à la durée.
l
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Le mouvement, foit modéré, foît violent, tant qu’il eft proportionné par fa durée aux forces de celui qui s’exerce , '
& conforme aux indications curatives ‘ qu’on s’eft propofées, le mouvement produit toujours la plupart des bons effets dont nous avons parlé. Il ferait ' d’autant plus inutile de les répéter ici, qu’ils rentrent naturellement dans l’ar- ; ticle des précautions néceffaires pour ; affurer le fuccès des exercices ; article ï| effentiel que nous tâcherons de traiter ] a vec tout le foin & toute l’étendue qu’il ^ mérite. J
Qu’il nous fuffife d’obferver en paf- 1 fant, qu’il eft des maladies qui deman- ] dent que l’ufage du mouvement foit long-tems continué, & que dans ces ma- ladies ce font les circonftances feules qui doivent déterminer la durée de l’excx- .
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cîce indiqué; l’excès du mouvement,
I nous l’avons dit , & la fatigue qui en ré- L fuite , lui ôtent tout fon prix ; en vou- I lant fortifier le corps , qu’on prenne donc I garde de laffaiblir.
Enfin c’eft une vérité d’expérience que ^ les meilleurs remedes font plus de mal I que de bien , s’ils ne font adminiftrés avec I prudence , & dans Tordre convenable.
' Qu’on fe fouvienne ^encore qu’il en eft ainfi du mouvement, & que fon ufage fait plus de bien ou plus de mal, fui- vantle plus ou le moins de fagefîè, avec laquelle on l’a employé. Omnia in pon- dere & menfurâ.
Tels font les effets du mouvement par rapport aux différentes circonftan- ces où il eft opéré ; effets , comtre on Ta VU , toujours différons & toujours variés comme elles. Mais il eft une circonf- tance plus importante & plus étendue que toutes les précédentes , celle qui eft relative à la nature de Texercicé. iC’eft ici un nouveau champ qui s’of-
i
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fre à nos fpéculations. Faifons donc con- naître les différens exercices du corps; montrons comme ils agifTent fur lui 2c fur ces différentes parties ; & tâchons d’envi- fager fur- tout ces nouveaux effets comme autant de moyens applicables à la cure des maladies.
CHAPITRE
CHAPITRE IV.
Des diffcrens Exercices du corps»
ii E s exercices inventés pour le plaifir & le délalTement des hommes, &: adoptés enfuite par la Médecine , font de pluhears genres, & chacun de nos membres a une efpece d’exercice qui lui efl: propre. L’exercice de la promenade & celui de la courfele font à nos jam- bes & à nos cuilTes ; celui de l’arc , à nos bras ; celui de monter. & defcendre le long d’une rampe , au dos & aux reins ; celui de la paume , à tout le corps , &c. &c. &c.
Lorfqu’on réfléchit fur les mouve- mens divers que les dilférens exercices occafionnent au corps , il eft aifé de voir pourquoi certains exercices con- viennent plutôt à la cure de telle mala- die qu’à telle autre. Ainfi pour en faire
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une jufl.c application thérapeutique, il faut en connaître les effets relatifs , & dès -lors il fera plus facile d’en diriger les indications avec jurteffe.
Avant de détailler ces différens exer- cices , il convient d’en diftinguer la nature. Les uns font aâifs , les autres ' pafïifs, & les derniers font mixtes. Dans, les premiers , le mouvement eft entière- ment produit par les perfonnes qui s’exercent. Dans les féconds, il eft opéré par des caufes qui agifîent fur les per- fonnes exercées. Dans les troifiemes, le mouvement eft tour-à-tour reçu & donné par les perfonnes qui s’exercent, ôt par les agens qui concourent à leur exercice. Plaçons-les chacun dans leur clafte.
§. L
Exercice du premier genre ^
Les exercices du premier genre font le jeu de billard , de la boule , des quilles, du palet, du volant, de la
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paume ; le ballon , le mail , la chalTe , ration de nager , de faire des armes ; la danfe , Tadion de fauter , la prome- nade, la courfe , le frotage ; les exer- cices qui ne mettent en adion que les extrémités fupérieures ; enfin les diffé- rens exercices de la voix.
Dans la plupart de ces exercices , fur-tout les plus adifs, toutes les par- ties du corps qui font fufceptibles de mouvement , fubilTent fon impreffion. L’on marche , on va , on vient , on fe retourne en mille maniérés, on s’étend, ou l’on fe rétrécit au befoin ; on donne plus ou moins de force & de jeu à fes mouvemens & à fes coirps , les bras , la tête, le tronc, les pieds, les yeux, la langue même ; on parle avec plus ou moins de véhémence, on crie quelque- fois ; tout eft en adion dans ces exer- cices. Parcourons-les^ chacun en parti- culier.
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Lz Billard.
Ce jeu exige divers mouvemens mo- dérés , qui mettent tout le corps en aélion. Le joueur tantôt s’arrête , tantôt marche & tourne autour du billard , ' ce qui fait mouvoir les extrémités infé- rieures ; mais en poufTant la bille , ces mouvemens étendent les bras, & mettent en aâion les mufcles des extrémités fupérieures & du refte du corps, par les différentes attitudes qu’il faut prendre.
Ce jeu récréatif &amufant peut avoir fon utilité, lorfqu’on a l’indication de faire mouvoir le corps modérément , foit pouf entretenir la circulation , foit pour faciliter l’effet d’un médicament pris à l'intérieur, tel que les eaux miné- rales , les boifïbns apéritives , &c.
Si l’on n’a en vue que de faire mou- voir les bras , ce jeu a fon utilité encore , foit pour donner plus de jeu aux arti- culations dont les mouvemens feraient un peu gênés, foit pour favorifer les
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effets de la douche que Ton applique- rait fur ces parties. Ne feralt-cô point dans ces différentes intentions que l’on a placé des jeux de billard dans les environs des fontaines d’eaux minérales? On eft heureux fans doute , lorfqu’on peut offrir aux malades des fecours falu- taires , déguifés fous l’image du plaifir. C’était la magie qu’employait Hypo- crate , & ce fut par elle qu’il fe rendit fl fameux.
Ze Palet J la Boule ^ les Qiiilles.
Ces trois jeux exigent de la part du corps à-peu-près les mêmes mouve- mens, mais ce font les bras que l’on tourne en divers fens , & par le moyen defquels on lance le palet ou la boule qui reçoivent Is plus d’effort, ce qui met les mufcles de cette partie dans la plus forte aéiion. Auffi ce moyen a-t-il trouvé quelquefois fon application s loriqu’il fallait fecouer vigpureufement le bras y pour exciter une forte exten-
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C 5*4 )
fion de la part de fes mufcles engour- dis , retirés ou roidis à la fuite des plaies , ou autres maladies qui avaient exigé un long repos pour leur guérifon.
Que Ton joue aux boules feules, ou que Ton joigne la boule aux quilles, il ne faut pas moins que le corps fe bailîe pour ramaiïer ces divers inftrumens du jeu ; & pour les lancer jufqu’au but fixé , il faut qu’il s’incline , foit pour reprendre les boules qu’on lui renvoie, foit pour abattre & relever les quilles» C’ef: une fucceffion continuelle de raou- vemens auiïi agréables que variés , & tous également capables de mettre le corps & fes extrémités dans une grande aâiion. Ces deux efpeces de. jeux peu- vent trouver leur utilité dans les mala- dies où il ferait nécelfaire de faire mou- voir l’épine du dos , les bras , &c.
Le Mail J la P aume y le Violant.
Les jeux du mail , de la paume & du volant font alfez connus pour conce-
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voir la variété des inflexions & des mouvemens, & la multiplicité des efforts violens que ces jeux impofent aux joueurs. On y exerce à la fois toutes les parties du corps , la tête , les yeux , le cou, le dos, les reins, les bras, les jambes (1)3 fans compter que l’aéfion des poumons doit être fans ceffe aug- mentée par les appels & les cris des joueurs. Plus de tels jeux font fatigans pour le corps, plus ils doivent mettre Tefprit en aâion par la fufpenfîon con- tinuelle qu’ils lui caufent ; & c’efl: pi éci- fément cette fatigue qui en fait le plaifir.
Leur propriété efl: de rendre le corps plus vigoureux , de fortifier fes extré- mités , en le contraignant de courir avec légéreté, de donner des fecoufies aux vifceres du bas-ventre , d’exciter & de favorifer les mouvemens du cou & de la tête, de procurer à toute l’habitude
( ï ) C’eft à ces Jeux fur - tout qu’il faut , comme
•lit le Proverbe, bon ^ied, bon oeil.
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'du corps une grande mobilité. Ces jeux , par l’agitation violente qu’ils donnent à toute la machine , tendent à provoquer la fueur, & à débarraiïer les glandes cutanées de cette lymphe âcre , épailTe , qui empêche la tranfpiration C i ).
Galien recommande le jeu de' la paume , tant pour entretenir la fanté &
( I ) On Ht dans Les Mille & une Nuits , la guérifon d'un Prince Grec , qui n’avait jamais pu fc délivrer de fa Icprc, quelques lemedcs qu’il eût faits , cc qui en guérit par le jeu du mail. « Sdh Médecin prit un « mail, qu’il creufa en dedans parle manche, oii » il mit de la drogue dent il prétendait fe feivir ; il » accommoda une boule de même , & le lendemain il » dit au Roi : Tenez , Sire , exercez-vous avec ce mail , >> & poulTcz vigoureufement cette boule , jufqu’à ce a> que vous fentiez votre main & votre corps en fueur, >> Cela fait , le remede opéra 11 biota , que le Roi fuc »> guéri de la lèpre». T. I , p. 137.
Nous n'indiquerons pas l’efpece de drogue que le Médecin du Prince Grec mit ou dut mettre dans la boule & le mail qu’il avait préparés pour lui. Si nous avions ce jeu à confeiller à quelqu’un, nous attendrions de lui feul la tranfpiration & les autres effets que nous aurions à dcfîrcr pour notre malade. Il ne s'en- fuit pas pour cela , que cette cfpece d’allégorie ne foit très bien imaginée, tout au contraire.
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la fouplelTe des membres , que pour délafTer refprit & lui procurer plus de force C I )•
Lt Ballon,
Ce jeu préfente à-peu-près les mêmes effets que le précédent , en ce qu’il contraint également de courir avec légéreté , ce qui rend le corps extrê- mement fouple & droit. Les extrémités fupérieures font finguliérement exercées pour lancer & repouffer le ballon , il étend même fon action jufquès fur les vifceres. On en pourrait tirer parti, dans les cas où il s’agit d’expulfer les graviers des reins , fi toutefois il n’y a point contr’indication du mouvement.
C’eft fans doute pour cela, ditMer-
( I ) Exercîtium. igiiur id commendaverim. ,
qucd honam. corporis valetudinem ac partium concinr.i- titim. , unique animi vinutem prajare pojfu ; quale illud ejl quod in parvl pilà eonjijlu. Animum etxnirn ' undique juvare po:eJi , oiiuièfquz corporis partes pari modo maximè exercer, Galcn. de parvx pilæ cxerci;iu.
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curial, qu’Augufte, qui était fort fujet à cette incommodité , avait coutume de s’exercer à ce jeu j & c’eft auffi par la raifon qu’il exerce vivement le corps, & qu’il met fur-tout en mouvement les parties fupérieureî , que Celle le- recommande C i ) à ceux qui ont le flux de ventre, ou un tremblement par tout le corps.
La faiblelTe , la maigreur, l’atrophie des bras , trouveraient peut-être dans l’exercice du ballon un fecours propre à leur rendre la vigueur & la force. C’efl au Chirurgien à proportionner lar grolTeur & la pefanteur du ballon aux forces du malade.
La CkaUe'.
Qui ne connaît les fatigues & les charmes de cet exercice , fa vive agita-
( t ) Qucm veri frcqumtcr cita, alvus extrcet , huie oyui ejl pilâ jimililufqu; fiifcriores partes exerccre. Lib. i, C2p. 2 > Ic£l, 5 .
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tîon , & fes effets ? Le Chaffeur , armtf d’un fufil, (dont le maniement & le poids mettent en adion le bras qui le foutient, la main qui le dirige), va,, vient , court , faute , monte & defeend , tantôt marche droit & la tête levée j tantôt fe fléchit & fe courbe , fiffle , parle & crie pour appeller les chiens.
On voit déjà que cet exercice peut remplir différentes indications curatives , qui exigent des fecouffes générales daqs toute la machine ; qu’il eft propre à provoquer la fueur ÿ qu’il aurait fon utilité pour favorifer les mouvemens de l’épine , ceux des a^rticulations des extrémités inférieures & fupérieures; & qu’enfin, pris avec modération , il peut contribuer infiniment à la fanté. Ce n’'efl: pas tout.
La faifon de l’année , t’heure du four defiinée à cet amufement , le mouve- ment néceffaire dans cette occafion ,, l’air pur & fans ceffe renouvellé que le Chaffeur refpire i la variété des objets
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qui fe préfentcnt fans cefTe à Tes regards, & qui changent continuellement la feene pour lui ; les dlfFérens événemens de la chalfe ; toutes ces circonftances , en occupant agréablement Ton efprit, doi- vent aider admirablement à la circula- tion des fluide’s dans les plus petits canaux , & opérer fur la conftitution mille autres effets favorables, aux phleg,- matiques , aux convalefcens, aux poi- trinaires , aux perfbnnes vaporeufes , ou accablées par le^chagrin. ; à combien d’autres encore!
La Natation.
Cet exercice dont la Médecine fait rarement ufage , peut produire quelques bons effets, lorfqu’il s’agit de corriger Ja faiblcffe , & de donner plus de fou- plefle aux mufcles : voici en peu -de mots fon méchanifme & fes effets.
Pendant l’aécion de nager , Hiomme fe foutient & avance fur l’eau , par les mouvemens des bras & des jambes qui
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fe fléclûlTent & s’étendent alternative- ment avec la plus forte contradlon. Si l’eau de la rlviere oii il nage , n’eft pas trop froide, ja peau , les mufcles, les ligamens fe relâchent, s’aflouplilTent & s’alongent par les mouyemens des membres ; & par fucceffion de tems, ceux-ci fe fortifient.
Mais avant que d’entrer dans l’eau , il faut fe faire frotter les membres ma.- lades , & même le corps , avec une fla- nelle : par ce moyen , on débouche les pores , on augmente la chaleur dans toutes les parties de la peau , qui dès- lors attirera Teau avec beaucoup plus de force. Il ne faut pas fe jetter tout d’un coup à l’eau, fur-tout lorfqu’elîe efl bien froide, car elle pourrait donner un faififfement , capable d’ôter la faculté de fe mouvoir.
Enfin, lorfqu’on nage , les mouvemens doivent être forts & bien développés, pour favorifer le mouvement prôgreflif , & fans précipitation , pour ménager les forces.
L'Efcrime.
Uefcrime , ou l’adion de faire des armes, efl: de tous les exercices gym- naftiques non feulement le plus adlif, mais encore celui qui caufe le plus de fecou/îès à toute la machine , & qui met le plus en a<5lIon les mufcles des extrémités.
En effet , les mufcles des cuiffes , des jambes & des bras font prefque toujours ^en ebntraélion ; les mouvemens de pro- nation & de fupination font très-fré- quens dans le bras qui efl: armé, & les ligamens des articulations mobiles font obligés de s’étendre , & de fe prêter aux efforts & aux mouvemens 'violens de tout le corps.
En envifagcant cet exercice , feule- ment de ce côté, on voit bien qu’il pourrait fournir à la Médecine & à la Chirurgie un moyen falutaire pour fortifier les extrémités , pour rendre plus libres les mouvemens de leurs
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articulations , & pour favorifer davatr- tage la circulation dans les vifceres , &c.
Il y a plus , refcrime , en donnant les pofitions nécelîàires au corps pour le mettre en garde, lui donne en même tems cette attitude naturelle , ferme & majeftueufe, qui convient au Roi des animaux. Voyez ces. Maîtres d'armes; comme ils font forts , vigoureux , bien découplés , agiles & nerveux! ils rslfem- blent, pour ainfi dire, à Hercule. C'eH: dans les Régimens où l’on fait plus com- munément cette remarque. Un Soldat nouvellement enrôlé n’a prefque jamais cette tournure , cette attitude fi defirée par les Colonels ; on l’envoie à la falle d’armes; il y prend du goût, & bientôt on s’apperçoit que cet athlete eft plus ferme fur fes jambes , que fa démarche eft plus élégante & plus martiale, & que fon attitude , quelquefois fi grotef- que auparavant, eft devenue mâle, ferme & décidée^ N’eft-ce pas autant
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à' l’exercice de l’efcrime qu’il doit ces avantages , qu’à l’exercice militaire , ou au maniement des armes, qui contraint le corps long-teras en repos?
Auflî l’efcrime contribue-t-il plus puifTamment que tout autre exercice à l’augmentation des forces , à l’agilité du corps , à la corredion des mauvaifes attitudes & de certaines difformités du corps. Enfin , comme cet exercice anime la circulation , & qu’il favorife la tranf- piration , nous penfons que la Médecine pourrait utilement l’employer dans bien des cas , & particuliérement à la gué- rifon deda lymphe trop épaiflie.
La Danfe.
Un autre exercice moins violent, c’eft la danfe , exprelîion naturelle de la gaieté & de la joie ( i Ce qui dif-
f I ) Le propre de la danfe étant (Vinfpircr de la gaieté, «lie en exprime toutes les nuances & tous les caraôeres fur la perfonne danlante > & lui donne
I
(6s)
tîngue la danfe de quelques autres exer- cices, c’eft que, fans for tir du naturel, & fans s’abandonner à cette véhémence d’adion qui caradérife la plupart des efpeces de mouvemens gymnaftiques , elle fait diftribuer une agitation médiocre à toutes les parties du corps qu’elle remue en cadence & avec mefure , en forte qu’il n’y a pas un mufcle qui n’aglfTe, & qui n’entre pour fa part, dans le jeu néceiïaire à former les figu- res , les geftes & les attitudes du danfeur. Audi rien n’eft-il plus propre à rendre la taille libre & dégagée , à former un corps bien proportionné , à lui donner de la vigueur , & à toute la perfonne un air aifé, noble ; en un mot , un maintien naturel & des grâces.
Ce maintien naturel qui eft réglé par des principes tirés du jeu des parties.
prefquc toujours une contenance qui plaît. C’eft de tous les exercices celui qui réunit le plus d’avantages pour les femmes ; elle eft pour clics ce qu’eft l’équir taûon pour les hommes.
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contribue puifTamment à la plus parfaite configuration des organes; & le naarcher, réglé pareillement par des principes tirés du jeu de tous les mufcles , donne le tranfport le plus ferme & le plus fûr; & rie n’eft plus propre que le menuet , qui s’exécute à pas lents , pour donner l’attitude la plus régulière , la plus ferme & la plus agréable.
Ainfi l’exercice de la danfe ferait bien indiqué pour augmenter la force des extrémités fupérieures , comme lorfqu’il eft queftion de faire baiffer les épaules , de les retirer en arriéré , pour donner plus de jeu & d’étendue à la poitrine. JJOrthopédie trouverait fouvent l’occafion de faire ufage de cet exer- cice , avec une efpérance de fuccès , fi ce n’eft pour corriger des difformités anciennes , au moins pour les diminuer ou les prévenir.
Les contredanfes a ces autres fcenes plus animées que le menuet , mettent le corps dans la plus grande action de
C 67 )
fes parties; c’eft ce qui pourrait faire regarder la danfe en général comme un des moyens les plus utiles pour faciliter la circulation des humeurs, & provoquer la tranfpiration,
U a^Lon de fauter.
L’aétion de. fauter doit fuivre natu- rellement la danfe , puifqu’elîe en fait fouvent partie, & qu’elle produit quel- ques-uns de fes effets. Le faut fait Faire au corps des angles qui s’ouvrent &: s’étendent alternativement ; tous les mufcles extenfeurs du tronc & des ex- trémités inférieures entrent alors- en contraction pour porter le fujet à une certaine élévation : ces flexions & ces extenfions réitérées contribuent à dé- gager les extrémités , l’épine , la tête , en un mot , toute la taille. Cet exercice trouverait bien des applications dans la pratique.
Il y a une autre efpece de faut dont les enfans s’amufent , & qu’ils appellent
C ^8 )
fauter à doclie-pied. {Aluro pede fuf- penfo incedere) (i). La moitié du corps, du côté du pied fur lequel on faute , éprouve une émotion confidérable , tandis que l’autre n’en reçoit prefque pas.
Ce jeu nous paraît être d’un grand fecours , pour s’oppofer à cette inégalité de force que produit fouvent l’aveugle fiafard dans l’enfance , ou qui peut pro- venir du rachitis , ou de telle autre maladie. Les fauts que l’on fait fur les deux pieds doivent pareillement opérer une égale dlftribution de forces entre tous les mufcles que la nature s’eft plu à arranger avec tant de fymmétrie fujc les deux côtés de la machine.
La Promenade,
La promenade à pied eft un exercice plus doux ; non feulement elle favorife les fondions des extrémités inférieures ,
( t ) Saltatio ejî egrtgia (xercitaûo ; Socratei eam confuefccre zradiair , cum pueris ludcre O fal- tare non crubefcat, Plempius , ubi fuprî.
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mais elle agit encore fur tout le corps, & particuliérement fur les vifceres.
La promenade prépare le corps aux évacuations ; en facilitant Texpediora- tion , elle rend la refpiration plus libre, elle fortifie les organes de la digeftion, en y excitant de petites fecoufles réité- rées ; elle anime la circulation , & redou- ble, par-là, la fomme des forces; elle excite la tranfpiration, & contribue au délafiement néceffaire après les grands exercices ; elle détruit enfin les mauvais effets qui pourraient réfulter de la trop grande plénitude.
La promenade a bien d’autres avanta- ges , fi c’eft à la campagne qu’on la prend , fur-tout le matin: chaque pas que l’oti fait, tranfporte dans un air différent,- qui répand dans le corps une nouvelle vie : les poumons rafraîcliis par cet a'c varié , broyent le fang & affimilent les humeurs avec plus de facilité, les fe- crétions font plus promptes; on mou- che, on urine davantage, au point de
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faire détacher le .fable des reins ; le corps fe rafraîchit , la tête fe dégage, la vue & fouie deviennent plus pures. 3La promenade rappelle la férénité, la fraî- cheur & la force, ranime raâion des nerfs , par la tenfion des fibres nerveu- fes, à la vue des objets difîerens qui fc préfentent; elle recrée l’efprit par des fcenes toujours nouvelles qu’elle lui offre; & l’odeur des fleurs champêtres fe mêlant aux charmes des autres fens, l’ame partage le délice des yeux , les plaifirs de tous les fens ; d’où il réfulte la plus douce harmonie que l’homme puiffe éprouver, celle qui met tous fes organes à l’unifTon. Cicéron avoir coutume d’employer quelques momens à la promenade : & dans le moment même de cet exercice, il diélait fes penfées à fes fecretaires qui marchaient près de lui ( I >
( t ) Ira quidquid conficio aut cogko în amhularicnîs feri tempus confero Nam càm vacui aihil cemporis,
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Si l’on fe promene au folell & fur un terrein inégal, alors la tranlplration doit être plus abondante ; ôc par cette va- riété de mouvemens , les fecouires im- primées aux vifceres étant plu s fortes que fur un terrein uni, il doit s’en fuivre diffé- rens effets qui font falutaires dans bien des cas de pratique C i).
Enfin la promenade eft d’autant plus falutaire, qu’elle eft propre à tout âge , à te ut fexe, & à toute forte de tem- péramens.
Monter & dejeendre,
L’aélion de monter & de defeendre des efcaliers, met finguliérement en mou- vement l’épine du dos & les articulations
iaberem & cxim recrcanda voculx causa mihi necejfg ejfet aml'ulare hac diElitavi amhulans. Cicer. ad. Au. ». aj.
(î) Ambulantes per loca. plena & aqualia femper iifiem membris Ichorenc : ambulantes verà per inaqualia, loti corpori lalorem magis diflribuam , ù idcircà rniimt defatigentur. Plcmpiut , ubi fuprà.
I
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des extrémités inférieures, qui tour-à- tour fè fléchifTent & s’étendent. Cet exer* cice pourrait être employé utilement , lorfque les mufcles de ces différentes par- ties font engpurdis, & lorfqu’on veut leur donner plus de foupleffe & de force. Et comme par cet exercice les vifceres de l’abdomen fe trouvent quelquefois fecoués & balottés , fur-tout fi l’on defcend plufieurs degrés à la fois , cet efïèt peut trouver fon utilité dans la pratique.
Nous remarquerons , en paffant, que l’aélion de monter efl très-pénible pour les afthmatiques ; & fans chercher à en développer les eaufes, nous nous con- tenterons d’obferver avec Borelli, que le diaphragme fait des efforts particuliers , lorfqu’on monte ou qu’on defcend les efcaliers, de même que dans tous les cas où il s’agit d’employer une force extraor- dinaire ; raifon fuffifante , Scmême^déci- five,pour interdire tous les exercices de cette efpece aux poitrinaires.
L'Action '
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UaUioîi de voyager à fied^ courir*
L’aôion de voyager à pied, donne les memes efîets que la promenade , relati- vement aux parties exercées ,; mais elle en a d’autres, tels que la dilïîpation, le changement d’athmofphere , .&c. dont nous aurons occafion de parler , en' expoCant les effets des voyages de long cours, fort en voiture, foit à cheval. !Au refte on fait que les voyages à pied font tous propres à ranimer le cours du fang, à atténuer la lymphe, à donner du ton aux vaiffeaux capillaires , à aug- menter l’excrétion qui fe fait par les pores de la peau. En un mot , la gaieté, le bon air, l’air libre, l’exercice, font l’ame de la fanté, & les voyages pro- duifent tous ces effets.
L’aétion de courir ne différé de la promenade, qu’en ce que les mouve- mens du corps font plus dégagés , plus rapides: fes effets font à*peu-près fes
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v' 74 )
mêmes fur la circulation qu’elle anime davantage , & la tranfpiration qu’elle :rend plus prompte & plus fenfible.
Lz Fr otage,
L’adion de frotter eft affez connue, fans qu’il foit befoin d’en donner une longue defeription. Pendant cet exer- cice , une jambe tendue va d’un côté & de l’autre , tandis que la jambe oppo- ;^^fée s’éloigne par degrés de celle qui ifrotte ; le frotage excite des foubre- fauts à toute la machine, & fes effets fur la circulation & fur l’organe de la tranfpiration , font à-peu-près les mêmes que dans tout autre exercice violent.
Cet exercice pourrait être indiqué dans les cas où il ferait néceiïaire de procurer des mouvemens un peu vio- lens aux extrémités inférieures , fur- tout à l’articiilation du fémur avec l’os innominé , & lorfqu’il eft queftion de i ranimer la circulation de ces parties ^ & de les fortifier.
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Mais comme dans cet exercice le corps eft courbe en devant, le bas- ventre affaifTé fur les os pubis , & que tout ce qu’il contient pefe fur la veffie & fur les autres parties qui répondent aux anneaux , aux cordons fpermati- ques, on ne pourrait, fans danger, le preferire à ceux qui ont des hernies, ou qui en font menacés , d’autant plus que les Frotteurs eux-mêmes doivent avoir la précaution de porter une cein- ture pour les prévenir, i -
Exercic&s qui ne mettent en aÜiiort
que les extrémités fupérieures.
Ces exercices peuvent fe partager entre ceux qui exercent particuliére- ment les bras, & ceux qui ne font agir que les mains & les doigts.
I®. Les premiers renferment l’aélion de coudre , de faire des nœuds avec la navette , de jouer du violon , de balayer , de tourner une manivelle,
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de frapper du marteau , de plier , de limer, de fcier, de raboter, de ramer, de fe fervir de la hache , de bêcher la terre , de former les cloches , de lever des fardeaux , de tirer de Teau d’un puits , de fe fufpendre avec les mains au moyen d’une, corde , de grimper fur les arbres ; enfin mille autres jeux , occupations ou métiers , qui peuvent avoir rapport avec les précédens.
La plupart de ces exercices produî- fent à-peu-près les mêmes effets fur les mufcles des extrémités fupérieures, qui font alors fans cefîe en aéfion. On con- çoit affez , d’après leur ufage , comment les uns font agir plutôt certains muf- cles que d’autres, c’efl: l’anatomie qui donne ces connolfTances abfolument néceffaires pour faire choix de ces diffe- rens exercices dans la cure de certaines maladies où le mouvement eft indiqué.
Par exemple , faut-il rétablir les mouvemens de l’humérus avec l’omo- plate, ou ceux du coude & des poignets?
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La manivelle , la hache , l’adion de ramer , le violon , le timpanon , le jeu de la toupie , &t:. ces exercices bien dirigés d’après les fymptômes indicatifs, font autant de fecours que la Gymnaf- tique brachiale offre aux Chirurgiens.
Les bras font-ils raccourcis ? Ne manque-t-il que du' mouvement pour faire alonger les mufcles trop roidis qui fléchiffent l’avant-bras fur le bras ? L’adion de tirer de l’eau d’un puits fera jouer un grand rôle aux mufcles biceps , brachiaux internes , &c. Eft-il queftion de donner plus de jeu aux mouvemens de pronation & de fupina- tion ? L’adion de faire des trous' avec ,une vrille , l’exercice femblable à celui de battre le tambour , &c. mettront fouvent ‘en adion les mufcles ronds- pronateurs , les radiaux internes , &c.
Enfin s’il était néceffaire de dévelop- per la capacité de la poitrine , & de fortifier les vifceres qui y font contenus, dans le nombre des exerçices dont nous
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venons de parler , il en eft qui mettent en aftion les mufcles peétoraux & par eonféquent les cartilages des vraies côtes qu’ils tirent à chaque élévation & exten- fion des bras. Alors les vifceres de la poitrine, en recevant une portion des fecoulTes & des mouvemens de la part des bras , la circulation y eft néceflai- rement augmentée ; de|là tous les effets qu’on pourrait defîrer à cet égard.
De ia continuation journalière de ces exercices , on obtiendra encore que les ligamens des articulations des bras s’alongeront infenfiblement , que les mufcles de cette partie deviendront plus forts & plus nerveux ; que les organes de la poitrine acquerront plus de for- ces, & que le thorax fe développera davantage.
On pourrait ajouter que l’ufage de quelques-uns de ces exercices ferait prqpre à corriger les difformités naîffan- tes de l’épine du dos , qu’ils mettent auflî en action.
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'a*. Les exercices qui’ mettent en? ââion les mains & les doigts que lest 'Anciens appelaient Chironomie , reofer^ ment Taftion d’écrire, de coudre, dé- faire du filet, de jouer de certains inf- trumens à- corde, comme du ciftre, de la guitare , de la harpe , du claveffin ;; ainfi que les métiers qui exigent les mouvemens fréquens des doigts , & les; jeux d’enfans appellés jeux de billes,, de bilboquet, des ofTelets , ôcc. Tous ces différens exercices font mouvoir les doigts & les mains en tout fens, &avec beaucoup d’agilité ; & toutes les per- fonnes qui ont appris dans leur jeuneffe à jouer de quelques inftrumens, en font la preuve..
Cependant à l’ignorance de ces fortes d’exercices, on eij peut oppofer d’au- tres , que les circonftances & le génie- du Chirurgien lui feront aifément ima- giner , pour en faire l’application à la cure de ces parties, fui van t l’exigence des cas.
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Si, par exemple , après la guérifon des plaies , des fiftules , du panaris , des fou- lures , &c, il refte une difficulté de mouvoir les articulations , ou fi cette obfcurité de mouvement dépend de la rigidité & de l’engourdilTement des mufcles extenfeurs & fléchilTeurs , c’eft au Chirurgien à choifir lequel de ces exercices convient le mieux à l’Indica- tion exigée; & s’il n’en trouve aucun dans le nombre , c’eft à lui à en fuppléec un de fon idée; mais ce n’eft jamais que d’après la connalftance approfondie des fymptômes & des accidens qu’il peut faire fon choix , ou Imaginer fon moyen.
Paftbns aux exercices de la voix.
Des exercices de la voix.
Sous ce nom générique nous com- prendrons l’adlon de parler, de lire à haute voix , de crier , de chanter & de jouer de différens inftrumens à vent; parce que la poitrine eft la caufe efficiente de tous ces différens exercices, & qu’ils'
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ont les plus grandes influences fur elle. Ils en ont encore fur le diaphragme, le larynx , le gofier, la luette, le palais , la langue , &c. en ce qu’ils concourent tous à la formation de la voix.
Les effets généraux de l’exercice de la voix, foit que l’on paile, qu’on crie ou que l’on chante, font à-peu-près le« mêmes à proportion du degré & de la durée de ces dilférens exercices. Dans l’un & dans l’autre, on fait des infpira- tions fréquentes, qui, en dilatant les poumons , fervent à broyer & à divifer le fang & à favorifer la circulation. Il en eft de l’exercice de la voix comme de celui des autres parties du corps'; les organes de la voix & de la refpira- tion étant mis en jeu , le fang & le fluide nerveux y viennent en plus grande abondance, la nourriture & la force des parties augmentent ( i ): Examinons leurs effets en particulier.
(i Vox ckm fit anima mctus,noninfupcrficie,feri âtioiis ifl vifceribus tanguatn jonse invo-Lefcens , calocea
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l®’, L’aéllon de parler excite la fecré- tion des humeurs qui fe verient dans la bouche & le gofier , celle des fucs digef- tifs, ccft-à'direr^ie la liqueur gaftrique dans Teftomac, ce qui contribue à favo- tifer la digeftion. Pour s’en convaincre, il fuffit de réfléchir fur le méchanifme des parties qui concourent à la forma- tion de la voix , fur leur connexion ou plutôt fur leur fympathie avec les or- ganes de b digeflion. Voilà pourquoi. Hypocrate, dans fon Traité Jur la Dicte y a dit : vocis exercitatio a cœna valdè com^ moda ejly que Celfe confeille cet exer- cice à ceux qui ont l’eftomac faible* Si qiiis .fiomacho laborat y loqui debety qu’Aetius eft du même avis : vox egregié eonvenit Jlomacho laborantibiis & acïdutn. eruciantibus ( I
üuget ; fanguincm atténua: , expurg.zt venus , aperic anerias 3 coire & concrefeere humorem fupervacancnm Eon patitur ; auc tanquamfcecem fuhjidere iis in vajîi, qua: aiimentum excipiunt aut coiijiciunc. Plempiu'î ^ubi fupri.
( 1 J II y a des gens qui ont recommandé à la plupart des malades la promcnatle aprè* fouper pour , hâter la
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La circulation du fang qui efl accé- lérée par tout le corps , pendant cet exercice , donne par conféquent plus d’énergie à l’eftomac , augmente la chaleur & la tranfpiration ; or que le fang circule plus vite dans ceux qui
dijeftion ; d'autres piétendent qu’elle trouble la digef- tàon, & que le repos lui eft préférable. Ke pourrait-ojR point entrer dans les vues des uns & des autres» Sc pour tenir un julte milieu , éviter rexcrcice corporel d'abord après le repas •, mais y fupplécr par l’excrcicC aimable d’une convcrfaiion amufante , qui lî^e l’atten* «km fans fatiguer , & qui occupe rcfprit fans caufer ' la moindre peine? Tels font ces entretiens que quel* qu'un a appellé U Dejfertdes repas Ciitte gens d’étude. . L’hiltoire , la poéilc & la philofopliii.’ , la politique ihême , ouvrent une lource intarillable aux entretiens - les plus piquans & les plus agréables. Cette réflexion i a’eft pas de moi , c’eft Wempius qui me l’a fournie, Jdo :um quidam fuadenc Jlatim à fumpto eibo & amlu- - lationem ; alii quitte adfucari coEHonem motu perturhari : - ideàque aliîs , ut à cibo Jtatim déambulent , aliis , ut quiefeant perfuafum eji. Utnufque coiijilii fcopumvidetur non inepti attingere , qui fedatum à ccena 'quietumque €orpus fervans , aiümum non illicàferiis det , fed dicendo- f & audienda ta, qua hlanda funt ù ne que ■ mordent ^ neque affiiguni > fpiriius recrett. Blempius , ibid, qud fuprà.
P "V j ,
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parlent à haute voix , c’eft ce qu’on ne peut révoquer en doute , fi l’on fait attention qu’en plein hiver les Prédica- teurs s’échauffent , fe mettent en fueur & font, pour ainfi dire, tout en nage après avoir parlé une heure , pendant jque l’auditoire eft tranfi de froid. C’efl: ce qu’éprouvent encore les Profeffeurs , les Avocats qui differtent long-tems fur des matières plus ou moins intéref- fantes & fufceptibles d’opinions contra- «lidoires foutenues de part & d’autre avec opiniâtreté.
Une autre preuve de la vertu de la voix & de la parole pour exercer le corps , c’efl: qu’il efl: plus que probable que les femmes ont beaucoup moins • befoin des autres exercices , parce qu’elles ufent beaucoup de celui-là; la nature les ayant rendues plus fufceptibles de fenfations agréables , leur ayant donné un plus grand fond de gaieté , elles doivent par cette raifon caufer davan- tage , & ce grand babil devient chez
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elles une forte d’exercice proportionné à leurs befoins. D’où l’on peut conclure que les exercices de la voix peuvent quelquefois fuppléer à ceux du corps.
Les Anciens recommandaient beau- coup celui de la voix à ceux que la fai-^ blelTe , fur-tout aux jambes, empêchait de travailler ou de fe donner d’autres mouvemens. « Il eft étonnant, dit PIu- 33 tarque , combien l’exercice journalier 33 de la voix eft "avantageux non feu- 33 lement à la fanté , mais même à l’en- 33 tretien des forces , je ne dis pas de 33 celles qui font les athlètes, mais de 33 la force & de la véritable vigueur 33 des principaux vifceres du corps , 33 d’où dépend principalement le réta- 33 bliflement de la fanté ( i ^ 33.
( I ) Ufus ftrmonîs voce pronmtïatî , quotidianus mirum diflu quant utile fit geiius exercitacioiiis , non ai fanitatem dmtaxat , fed & ad vires , non quidem athleticas eas , aut qux carnes augeai.c, fed quia pr.in- cipilus corpûrîs memlris . pênes qua. v tee potijjimum facuUas , naturale rotur , verunique vigorem iagentrât, Plutarch. T. II , p. ijo, . <
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i2*. La ledure à haute voix: & déclamation produifent les mêmes effets que l’adicn de parler : car la commotion fouvent répétée du diaphragme pendant la leâure , comme dans la parole haute , ballotte doucement les vifceres du bas- ventre , ce qui doit néceffairement ren- dre le mouvement aux humeurs qui fe ralentiffent dans ces parties..
A mefure qu’on lit, le fon de la voix fe plie doucement , félon les >idées qui affeélent, & l’on n’éprouve rien de cette chaleur que le feu de la difpute met quelquefois dans la converfation. Autre chofe pourtant eft de lire à voix haute, & autre chofe eft de crier en lifant. Auftî la leéture à haute voix échauffe- t-elle beaucoup moins que î’aélion de parler, de déclamer : on s’agite moins, on fait lieaucoup moins d’efforts vio- lens , j’ai penfé dire de convv^lfions.
• Ceft ce qui fe paffe dans la déclama- tion théâtrale , où l’on eft obligo d’ex- primer les différentes paflions d’une mar*
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niere plus ou moins fenfibîe pour en pénétrer les auditeurs & en peindre la. force. Aufli la poitrine du déclamateur eft-elle mife fi fortement en jeu pen^- dant les exclamations , que la toux, le crachement de fang en réfultent fouvent.
Un tel exercice doit être interdit aux hémophthifiques ; mais dans d’autres cas de pratique , il peut être de la plus grande utilité , comme pour folliciter la rupture d’un abcès enkifté dans le poumon ; la Médecine fournit beau- coup d’exemples femblables. L’aétion de lire (i) a. auiïi produit foiîvent de ces fortes de ruptures d’abcès qui ont été fi falutaires aux malades , qu’elles les
^ I ) Le ris eft une aftion pathéiiijue de l’anAe , qui; met en jeu le jroumon , & s’il s’y, trouve quelques ma- tières étrangères , l’air qui s’y agite les enrraîne au dehors par les bronches. C’eft ce mouvement & cet état convuinf de la voix que l'on fait quand il fc préfente quelque chofe de plaifant à notre vue; c’eft là le rit. naturel qu’il eft aifé de diftingucr du rîs des poiltiquct- & des gens du bel air , du ris fardonique fur-tout*
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bnt arrachées à une mort qu’on regar- dait comme certaine,
5'’. L’aétion de crier produit fur la circulation à-peu-près les mêmes effets que la parole & la leâure à haute voix; cependant les infpirations font plus pro- fondes 5 le diaphragme preffe davantage les vifceres du bas- ventre : c’efl: pour cette raifon que les femmes en travail hâtent leur accouchement, fi on les laifTc crier, parce qu’alors la matrice recevant un plus grand effort par la compreflion du diaphragme, l’enfant eft ainfi forcé de franchir le détroit inférieur du petit baflin.
Les cris que les enfans au berceau ont coutume de pouffer , pourraient être regardés comme de puiffans moyens que la nature emploie pour faire aller les fucs nourriciers dans les vaifîeaux les plus éloignés , ce qui oblige nécef- fairement les parties à fe développer chez eux ( i
41) Marfilius Cagnatus dit que les cris & lcs,[#eur5
( )
Cependant fi l’on crie bien fort Sc long-tems , dans un endroit vafte , comme dans la plaine , la voix , de claire qu’elle était, devient rauque, on éprouve de la chaleur èc de la féchereffe dans le gofier; le crachement de fang réfulte quelquefois de cet exercice violent : c’eft ce qui arrive affez fouvent aux Colonels & aux Majors de Régimens , parce qu’ils font obligés de fe faire en- tendre d’une aile à l’autre, & que leur poitrine fouffre quelquefois beaucoup de l’attitude gênée à laquelle ils font con- traints pendant toute la durée des évo- lutions.
» ^
des enfans leur tiennent lieu d’exercice, & fletumin
infantihui loco exercuationis & qu’au rapport de
C. Watlicz, les Indiens font tenir toujours auprès du fcerceau de leurs enfans des orties prêtes , dont on les touche de tems en tems pour les fdJre crier , parce qu’ils ne crient prcfquc jamais d’eux-memes. Ces peuples n'alleguent point d’autre raifon de cette conduite , que la meilleure fanté & la plus longue vie de leurs enfans. Souvent i’inflinèl des peuples fauvages dqyivaut l’a« le plus réüdchi.
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Il y a un choix à faire , foit dans l’adion de crier , foit dans celle de parler à haute, voix , & de déclamer , dont il a été queftion plus haut ; & ce choix dépend du genre, des maladies qu*on a à guérir , &de la nature des par- ties qu’elles affeétent. Ainfi toutes les fois qu’il s’agira d’exciter un mouve- ment très-adif & de le foutenir un peu long tems fans ennui,, comme dans le catarre édémateux, ou après les pre- miers accidens palTés de la faulTe.efquif nancie ; mais fur-tout dans l’angine para- lytique où il y a impuilTance & relâche- ment des mufcles de la gorge , altération- des nerfs , &c.^ il eft clair que l’on retirera plus d’avantage d’une converfa- tion animée , de la déclamation ou d’un commandement à voix haute , que de la ledure à haute voix & de la voci- fération proprement dite , parce. que ces fortes d’exercices influent plus fur le larynx , la luette , les amygdales , &c. que les derniers.
C )
Au refte ce n’eft pas ici le lieu d’exas- miner cette matière à fond ; il nous fuffit d’avoir fixé les idées de nos leéteurs fur les effets de ces fortes d’exercices, & d’avoir donné un apperçu de leur emploi fous un afpeét thérapeutique. Parlons du chant.
4°. Le chant met auffi en aéfion tous les mufcles de Ta bouche & des parties- voifines j & par la fréquente contraâion qui fe fait alors dans ces parties , il arrive que la filtration des liqueurs & leur cir- culation s’opèrent plus parfaitement. Le mouvement de la voix influe jufques dans les endroits les plus intimes du' corps ; il met en aélion tous les efprits animaux, non feulement pour ce qui concerne le dehors , comme font lés friéfions, mais encore pour ce qui con- cerne les vifceres les plus éloignés.
C’eft la raîfon pour laquelle les Reli- gieufes , quoiqu’elles ne paraiflent pas faire beaucoup d’exercice , ne laifTent pas de fe bien porter; cet exercice de
4
C 9^ )
la voix fuppléant chez elles à celui que le Cloître les empêche de fe donner : les efprits animaux poulTés par l’adlon de la voix, s’infinuent plus facilement dans les tuyaux des fibres & des nerfs; l’air agité par les organes vocaux frappe plus fortement tout le fyftême de l’éco- nomie animale. De là vient la fluidité des humeurs , de là l’évacuation de la matière tranfpirable que les remedes diaphorétiques n’operent pas aufli-bien, Outre que l’exercice du chant atténue les fluides , il rerrd encore les parties folides plus robuftes, & moins fujettes dès-lors à être affeéiées. N’efi-ce pas ainfi que l’enfant , dont on fait mefurer l’ha- leine au chant & aux paroles, acquiert dans fa poitrine une force qui rend cette capacité plus propre à remplir fes fonc- tions vitales ? On a remarqué que les perfonnes qui , en chantant, s’habituent à prendre un ton grave, fe donnent une voix grave ; que celles qui s’exercent dans les tons aigus , ont une voix aiguë.
C )
Ne pourrait-on pas conclure de tout cela , que l’exercice du chant eft un vrai moven de donner de la force aux poitrines délicates des jeunes gens , dont les poumons font affaiblis?
y'’. Les inftrumens à vent que l’on fait parler avec la bouche, comme la flûte , le hautbois , le baffon , la trom- pette , le cor-de-chaffe , le ferpent, paraiffent avoir été inventés pour imiter la voix naturelle de l’homme; mais il ne nous femble pas que la Médecine & la Chirurgie puiffent beaucoup s’en aider. La plupart de ceux qui apprennent à jouer de ces inftrumens font rarement exempts de douleurs de poitrine ; plu- fieurs même s’en dégoûtent par cette raifon. Morgagni attribue à ces inftru- mens, comme à l’exercice de la voix trop continué , les adhérences du pou- mon , à la plevre qu’il a obfervée dans l’ouverture de plufleurs cadavres ; c’eft pourquoi il confeille aux Muficiens de ne faire ufage de leurs inftrumens & d»
I
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leur voix qu’avec modération , de n’y employer que le moins d’efforts poflibles.
Cependant l’adion de jouer des inftru- mens à vent , dilatant extraordinaire- ment les joues & la poitrine, excitant une grande tenfion dans les mufcles de i’abdomen, & les vifceves fe trouvant par-là foulés ôc comprimés , cette aélion eft capable , dis-je , de donner du reffort â ces parties lorfqu’elles font dans l’ato- nie , ou qu’il eft néceffaire de déterminer -^une pléthore dans le bas -ventre; mais je ne l’indique ici qu’en tremblant , parce qu’une hernie pourrait en être la fuite.
Les inftrumens à ventpourraient encore être de quelque utilité aux perfonnes qui ont les joues rétrécies par les cica- trices qui défigurent ces parties chez elles; parce qu’alors le gonflement des joues caufé par la vive compreflîon de l’air qu’on fouffle dans l’inftrument à ■vent , peut étendre & alonger les muf- cles des joues , au point de leur ren-
c p; )
dre une partie de leur expanfion natu- relle ( I mais il faut pour cela choifir les inftrumens à bocal , -tels que le cor- de-chaiTe & la trompette. L’on conçoit aflez qu’il n’eft même pas nécelTaire de favoir jouer de ces inftrumens , 3c qu’il fuffit d’en tirer des fons,
§. II.
t
Exercices du fécond genre.
Les exercices du fécond genre peu- •vent être divifés en modérés & en vio- lens : les premiers renferment l’agitation opérée par le branle d’un berceau , par -la litiere , la chaife à porteur, le bateau , & le carrofte traîné lentement (2): les
( I ) Je me rappelle avoir vu à la Verrerie de Seve , uu homme donc les joues étaient pendantes & pliiréesj à force d’avoir fouffié dans le tube qui fert à porter l’air dans le verre fondu pour le dilater & en former des bouteilles. Cet effet ett à-peu-près le même que celui qui réfulte de l’aâion des inftrumens à vent fur la bouche,
( 2 ) Au défaut de ces moyens , on peut propofer la geftation dans un lit fufpendu que l’on agiterait, 8c
C )
féconds renferment Tagltation opéréei par le traîneau , la charrette , une voi- ture en porte, & la navigation.
Dans cès fortes d’exercices , certaines parties du corps font en repos , tandis que le refte eft en mouvement dans la direâion des caufes qui agiflent fur les perfonnes exercées. Le corps fe trouve agité par ce mouvement paffif, de la même maniéré que par les exercices aélifs , mais fans éprouver de laflltude , & fans difliper fes forces ; au lieu que les mouvemens volontaires des mufcles, en fortifiant le corps , le fatiguent & confomment autant d’efprits qu’ils en font renaître. Examinons leurs effets.
'^Exercices modérés du fécond genre*
Ces différens exercices en général, & principalement les modérés , ont la
fl l’on n’en a point , on peut mettre fous un des pieds du lit un foutien , & remuer le lit avec la main. Ce moyen avait déjà été imaginé par Cclfe. Ac ccrcè uiiî fedHeOi funiculus fuhjickndus ejl, atqut ha leClus hùe 4- illàc manu im^tlUndus, Cclf, lib. j , cap. » , feft. 7.
propriété
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propriété de donner au corps un mou- vement léger d’ofclllatlons , de réveiller les facultés alToupies & languilTantes i & fur-tout Taélion des vifceres par la chaleur réfultante de leur frottement & des iecouffes qu’ils éprouvent, de favo- rifer les fecrétions & les excrétions , de fortifier les organes de la digeftion. Voyons les diflférences qu’il y a en- tr’eux.
i®, La plupart des Auteurs qui fe font occupés de l’éducation corporelle des enfans , n’ont pas manqué de faire connaître les abus du branle du berceau en ce qu’il peut caufer de très-fâcheux effets dans leur cerveau encore trop tendre ; ils ont même prétendu que ce ballottement , dont les fecoufTes fon quelquefois plus fortes les unes que les autres , eft capable de les faire fouffrir en mille maniérés, d’exciter leurs pleurs, de troubler leur digeftion , de porter même un dérangement fenfibîe dans la circulation de leur fang ; mais il fâu
■f ÿ8 )
fonger que tout n’efl: bon & mauvais que relativement ( i ).
En effet, fi l’on réfléchit à ce qui fe paffe dans l’aélion très -modérée du branle du berceau , on verra que le renouvellement fréquent de l’athmo-; Tphere , que les fecouffes régulières & modérées données à toutes les parties, que l’adien des vifceres les uns fur les autres doivent- faire des impreflîons utiles fur les enfans attaqués de certai- nes maladies chroniques qui exigent du mouvement. D’ailleurs l’air qui réfifte plus ou moins, Sc contre lequel appuie tout le corps lorfqu’il efl: balancé , agit en comprimant toutes fes parties comme autant de fridions légères qui doivent oc- cafionner le dégourdiffement des moin- dres vaiffeaux de la peau , & faciliter le mouvement des liqueurs dans leurs cavi- tés : ces parties étant agacées , elles
( 1 ) L'Abbé Nollct & J.* J. Rouficau ont tout deux été de cet avis.
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prennent un ton égal qui établit l’équi- libration ; d’où réfulte une certaine har- monie entre l’aélion des organes & la diftribution des humeurs , très- favorable au rétablilTement de la fan té.
Qui ne fait pas que rien n’appaife autant les enfans malingres que le mou- vement, fur -tout lorfqu’ils n’ont pas faim? N’y a-t-iPpas des circonftances où un ébranlement lent‘& doux du ber- ceau pourrait foulager les maux des enfans , en les diftrayant un peu de leurs fouffrances , & en les invitant au fommeil ?
2°. Si l’oa porte les enfans fur le bras, & qu’on les fecoue doucement, il réfulte de cette geftation à-peu-près les mêmes effets fur leur petit corps , que celle opérée par la chaife à porteur fur celui des adultes. Les vifceres font légèrement ballottés & froiffés les uns contre les autres. Par cet exercice on pourrait peut-être obtenir le dégage- ment de quelques corps étrangers arrêtés
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(100 *5
dans ‘les anteftins ; comme on pourrait aufli faire foitir des pierres biliaires engagées dans le foie , &c.-
3°. Si la geftation a lieu dans une lltiere , ou en fuivant doucement en ba-« teau le cours d’un fleuve tranquille (i) , on éprouve alors un balancement infen- flble qui égaye & réveille fans effort J^adion des vifceres , & leur donne de la vigueur.; elle excite l’appétit & dif- pofe merveilleufcment à une tranfpira- tion convenable. C’eftle témoignage de Sanéiorius : Cymbœ & kctlcœ motus Je dï'u duret ^ Jaluberrimus ^ tune foliirn ai dibitam perfpirationem mirificc difponiu
Aph. 2p.
q.°. Efl-on monté dans une voiture traînée lentement fur la peloufe , cette geftation procure egalement à tout le corps une douce agitation qui ne lu^
( t ) Navi autem vehi eoniucit delilihus ; Jl plcLcid» nayis ferarur motu miram alacrixatcm , perfpiracione auflâ , JoUt excitare > famttn augere , ingcjlorum digef- tioritn promovtrc, Vanfvietcn, Vol. i , p. 54.
c ïoi )
to5te ni peine ni fatigue i mais ce qu'il y a de plus particulier à ces trois fortes d’exercices modérés, c’elfque le raoiï' vement de l’air ,, auquel on efl expofé pendant feur ufâge , & fon influence " jfalutalre , fe déploie d’une maniéré plus eflBcace fur les vaifleaux- du poumon ; mais auflî cet exercice efl- fouvent en pure perte , lorfque la voiture efl: fermée. La variété des- objets qui- offrent fans cefle de nouvelles fcenes, égaye Tima- gination & porte dans l’ame une fatis- faâilon incomparable*
Tous ces exercices conviennent aux malades, dont les forces font épuifées par la faiblefle , par l’Inadion , le trop long repos , & par la diete , en un mot à ceux qui ne font point encore en état de s’exercer par eux -mêmes. Iis font capables de procurer infenflblement la réfolution des matières groflîeres & hétérogènes , qui engouent & obflruent les vaifleaux , & dès-lors ils paraiflent
très-propres pour emporter les reftes.
• • •
E iq
l
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des maladies qui durent depuis long tems , & qui n’ont point cédé aux au^ très remedes.
Exercices violens du fécond genre. '
I®. Le mouYement d’un char moins bien fufpendu , du traîneau , de la char- rette, des voitures publiques , -fur-tout s’ils roulent fur un terrein inégal & pier- reux , & en porte , demande beaucoup de forces , à raifon-.des fecourtes plus violentes qu’ils caufent à toute la ma- chine ; elles font quelquefois fi fortes » ^ qu’elles feraient capables de réveiller d’un aflbupirtement léthargique. Aufli cet exercice ert-il nuifible aux pierreux , en ce qu’il rend la veflîe plus malade, par l’aâion dé la pierre fur fes mem- branes C I ).
(*) Qui currihus & rhtdis vehuntur, fcepi magna, incommoda currunt , q^uèd violtnto mocu corpus conciuiajit , cruTum CLC Tcliquorum memhrorum junEluras cnervent . vùm ù renes agitantur , qui fi calculo Lahorem > non mediocritcr laduntw, Plempiu* , ubi fuprà.
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Si ces exercices font continués long- tems , ou (i l’on voyage , leurs effets fur les fluides & les folides font plus marqués , à raifon du mouvement con- tinuel qu’ils exigent & du fréquent changement d’air auquel on eft expofé. Le corps acquiert plus de force , les fondions reprennent de la vigueur, l’efprit devient plus tranquille , & fe défait de toute inquiétude, faifî qu’il efl par les charmes des objets nouveaux •& variés qui fe fuccedent fans ceffe, & qui excitent l’ame à fe replier agréable- ment fur elle-même.
La navigation femble_ réunir tous les avantages de la plupart des exercices ■ de la Gymnaftlque. En effet le mouve- ment ondulatoire d’un vaiffeau & les fecouffes que l’on y fouffre , 'prêtent à l’adion différente de tous les mufcles qui fe trouvent conftamment obligés d’être par toute l’habitude du corps dans un mouvement alternatif, pour conferver toujours l’équilibre.
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Etant confidérée dans fes circondan- ces compliquées, & alors qia’elle a le plus grand effet, la navigation mérite d’être rangée au nombre des exercices les plus violcns & les plus capables de caufer de grandes révolutions : néan- jnoins , dès qu’on en a feit ufage pendant quelque t.ems , elle devient réellement l’exercice le plus doux & le moins pro- pre à exciter des raouvemens irrégu- liers ou dangereux dans les fluides. Examinons plus particuliérement fes eiTets.
La geftation en mer eft vive , forte & continuelle; le corps efl: comme bercé & dans un balancement perpétuel , à caufe du changement continuel du cen- tre de gravité ; ce qui fait que tous les folides font en aélion & agiflènt fur les fluides avec une grande variété & beau-- coup d’effet. Par cette différence de mouvement , tous les fucs font mêlés plus efficacement, ils font comme broyés; ce qui produit un fluide beaucoup plus
C lo; )
oniforme , un fang beaucoup mieux tra- vaillé.
Les poumons, par leur mouvement non interrompu , & l’agitation qu’ils communiquent au fang, font les prin- cipaux organes de la fangulfication , qvu eft le plus fouvent imparfaite- dans plu-^ fieurs maladies chroniques, mais prin- cipalement lorfque cet organe eft affeâé,. Ici ladion variée & conftante de tout Je fyftême mufculaire , ne pourrait-il pas. fuppléer en quelque chofe à' l’aélioa; affaiblie des poumons ? & cet exercic* ne contribuerait il pas plus qu’aucun; autre à la fanguification, lorfque l’organe dont nous venons, de parler ,, ne peut: exercer librement fes fonétions ?=-
Ce qui' ajoute encore Beaucoup à l’exercice que l’on, fait, en mer ,, c’eft" l’aétion de l’air , qui ayant un mouve- ment ondulatoire , agit nécelfaifement' comme par voie de. perçu (lion,*.
Or, par ce moyen, ih a une efficacité- beaucoup plus grande que lôrfqü’il n’àgît
E V.
C lod ;
que par une prcffion confiante & égale. L’air de mer , dit Cœlius , eft apéritif, à cauf© des particules falines qui y font fufpendues ; & il nettoie le corps de fes impuretés j enfin il produit de tels chan- gemens , qu’il femblcrait qu’il le renou- iVellât C I )•
Un autre effet de la navigation dont nous aurions dû peut-être parler avant tous les autres, parce qu’il femble un remede précurfeur de celui qui réfulte de cet exercice , cet effet eft U mal de mer y ou vomijfement violent , qui eft la fuite prefque inévitable d’un premier
( I ) Marivim.ee vero Intenter atque fenjlm corpus ape- riunt , & falfee propriecacis caufa, eorpus aduruni ; atque
«jus habitum quidam mutationt reficiunt
EJi enim lacerantior , atq, corporis aperiiionibiu ejicax , oh falfitatem, maritimus atr. Cœl, aurel. morb. chron, cap. 1 , 5.
( i ) Commotio quee in navigatione exchatur , vint
habet elUboro levi & «Ibo perfimilem Quin (f
romitiones ipfa in Jlabili volutationt commotee , plurimis morbis capitis , oculorum , pcEloris medentur , omnilufque propter quee tUeborujn bibitur, Oiibas. Med, coUc^. cap, 23.
C 107 )
.embarquement. Sa propriété efl: de net- toyer les premières voies des mauvaifes humeurs , qui , retenues , pourraient vicier le chyle & être comme un foyer continuel, d’où dérivent les impuretés: du fang & un dérangement dans les fonctions , Jufqu’à ce qu’il foit dompté par quelque moyen que ce foit. En cela, U mal de mer correfpond , on ne peut mieux, avec l’ufage ordinaire oii l’on eft de nettoyer les premières voies avant d’adminiftrer une fuite régulière de remedes.
Mais cette opération n’eft pas le feul bien que procure le mal de mer. Le vomilfement , en attirant dans les parties une plus grande quantité d’efprits , les échauffe & les fortifie i il donne, par fa continuité , une contraétilité perma- nente à la fibre , qui rétablit le ton de l’eftomac & des inteftins, &c. &c.
De tels effets produits par la naviga- tion , ne peuvent être indiflTérens dans la cure de certaines chroniques , fur-tout
’ T- •
E VJ
C io8 )
îorfqu’elles font compliquées dTiypocon- drie : car la vie que l’on mene en mer eft plus capable que toute autre d’agir , fur Tefprit & par conféquent fur le corps, puifqu’il' y a la plus grande fympathie entr« les deux.
En effet fur mer il regrre un affem- blage de paffions qui efk fingulier , & fou vent porté à l’extrême. Souvent l’ef- prlt des Marins fe trouve partagé entre la crainte & l’efpoir ; & des tranfîtions fi fubites & fi variées doivent exciter les plus grandes révolutions ; elles font feules capables de guérir des maladies invétérées & incurables ( i ).
D’un autre côté, l’efprit éloigné des affaires,, des foucis , éprouve un repos
( I Vcrà'm gtjlano per pelàgus vehementîjjlmaefl, ù mutationes plurimas & mixima.i facit. Nimiràm cùn éinima mixtos afe^bis hibeat ex trijlitia & fpe , timoré ac periculo, moib gaudauihus & lætis', modà in agone exijlentibus navi g antibus. Ornnia heer comporta Juficicn- tem vim habent omnetn veteren morhum exigendi y & i xorpare excludeadi, Aetiiu Med, contraâ. teuab. i , ferm, j , cap. 6,
C lop )
particulier ; il eft d’ailleurs égayé par -la variété des objets curieux qui le con- duifent dans des. pays inconnus ; lefpé- rance de revoir bientôt fa patrie, réveille la lâtisfadion du navigateur. Quel con»- tentenaent n’éprouve- t-il pas-, dès qu’il apperçoit le port ! Réfléchiflant fur le plaifir qu’il aura de recevoir les carefîès de fon époufe, de fes enfans. , de fes amis , goûtant d’avance la fatisfadion qu’il éprouvera en leur racontant (es voyages &, fes périls,, en les pénétrant d’effroi par l’image, d’une, tempête & la peinture d’ün naufrage ,, auquel il aura échappé, il eft heureux d’avance ,,ü s’extafie à la vue de tous les genres de bonheur qu’il fe promet à fon arrivée*.
Ç. III.
Exercices' du troijîeme genre'.
Le troifieme genre d’exercices , qui participe des deux précédons , regarde celui qu'on fait étant aflis , fans autre
( IIO )
^ppul : par exemple , fur une corde fufpendue & agitée ; ce qui conftitue la branloire & le jeu qu on appelle efcarp<y- Une ^ l’équitation avec différens degrés de mouvement , tels que le pas du chc- ' val, l’amble, le trot , le galop, & autres fortes de moyens qui peuvent avoir du ^ rapport à ceux-là , dans lefquels on eft en aétion de différentes parties du corps, pour fe tenir ferme , pour fs garantir des chûtes , pour exciter à marcher , pour arrêter ou refréner l’animal fut lequel on eft monté.
Ces fortes d’exercices donnent lieu en meme tems aux mouvemens de la tête, des bras , des jambes & du tronc, on eft expofé , en les prenant aux cbranlemens , aux fecouffes dans les entrailles fur -tout, aux agitations plus ou moins fortes de la machine ou de l’animal fur lefquels on eft porté , d*(?ù Jréfulte un double effet, dont l’un eft réellement adif & l’autre paflîf.
• 1®, L’exercice que l’on prend fur une
( III )
balançoire , dans Tefcarpolette & meme dans une calèche , approche beaucoup de celui de la navigation , parce que le corps s y trouvant expofé à une grande variété d’attitudes , les mufcles font conftamment obligés d’être par toute l’habitude du corps dans un mouvement alternatif, pour conferver toujours l’équi- Jibre, Ces mouvemens fubits & quelque- fois inattendus , peuvent être d’une grande influence dans la pratique ; c’efl: au Praticien éclairé à en déterminer l’application. Examinons plus particu- liérement les effets de l’exercice à che- val, car il a une grande prérogative fur tous les autres de ce genre.
2®. L’équitation , lorfqu’elle efl: très- modérée, c’eft-àdire, faite au pas de cheval ou à l’amble , caufe des fecouffes ©gales & douces, & dès-lors très-favo- rables à toutes les parties du corps, particuliérement aux vifeeres, de la pow trine & du bas-ventre qu’elle applique fans effort les uns contre les autres.
( ri2 y
Cependant Sanftorius a remarqué que les effets falutaires- de cet exercice appartiennent plus aux parties fupé- rieures qu’à celles qui font au-deiïbus des reins ; & il prétend que de toutes les maniérés d’aller à cheval , la meil- leure eft d’aller au pas, enfuite le trot î & que la plus nuifible eft le galop, en ce qu’il ébranle trop les parties folidesdu corps, & fur' tout les reins ( i ),
Par les fecouffes réitérées que l’équi- tation modérée imprime fur les folides, elle occafionne dans le fyftème vafeu-^ leux une aéiion & une réaéiion für les parois des vaiffeaux-, qui augmentent le mouvement des liqueurs qu’ils con- tiennent , & procure une circulation plus libre- jufques dans lès plus petits vaiffeaux ; le fang & la lymphe fe trou- vent plus atténués, mieux préparés, &
(r) Equitatio refpicit magis perfpiraHle partian tprporis fupri Lumhos , quiti infrd. liitcr aa^tm equhi-r tiones , tolutans falubsrrima ; ficut fuccujfaiis injaluècr- ritna, Sanftor» apb-, *jf
( II3 )
acquièrent dès-lors une plus grande' perfedlon. Cet exercice modéré facilite fur-tout la circulation dans les parties glanduleufes de tout le corps , oii Ton fait qu’elle ne fs fait que lentement, à caufe des circonvolutions des vailTeaux & du défaut de leur re/Tort. La lymphe d’ailleurs qui s’y prépare , eft d’une na*- ture vifqueufe & très-difpofée à s’épaiffir & à produire des engorgemens dans ces parties.
L’équitation modérée développe en- core , en accélérant l’aétion des folides & le mouvement des liquides , & aug^ mente par conféquent le degré de la chaleur du corps ; ce qui fait que toutes les fondions fe font avec plus de faci- lité. L’adion que cet exercice opéré fur le bas -ventre & fur le diaphragme, facilite l’entrée du chyle dans les veines làdées 5 & eonféqaemment la nutrition , la tranfpiration , les digeftions , la fortie des excrémens ôc la fecrétion’de tous, les vifeereSk
( II4 ;
Mais un des principaux effets qui en l’éfultent , e’eft que la circulation devient plus facile dans les ramifications de la veine -porte, dans le méfentere , les intefiins , &c. &c. Aufli cet exercice paraît-il être fpécialement adapté aux hypocondriaques ; car il eft vraifemblable - que chez ces fortes de fujets , il y a quelque défaut dans les fondions du foie , & fur-tout dans les intefiins ; & cela eft même évident par la confifiance, l’odeur & les autres qualités de leurs humeurs , bien différentes de celles qu’ils avaient dans l’état de fanté.
Ce défaut peut être corrigé par l’ufage de l’exercice du cheval qui , en agiffant fur fes parties , comme un topique , doit naturellement, par des fecouffes multi- pliées, y exciter une chaleur plus grande qu’à l’ordinaire , mieux faire le mélange des humeurs , & faciliter davantage leur excrétion. Il n’y a rien , dit Celfe , qui raffermiffe davantage les intefiins que l’exercice du cheval , U c’eft par
c ii; ;
cette raifon , qu’il eft utile dans la diar^ rhée ( i ).
L’équitation a encore d’autres pro- priétés , c’eft de répandre une fraîcheur fur le vifage des perfonnes mêmes les plus infirmes & les plus faibles. Cette fraîcheur 'dure quelque tems, & s’an- nonce dès la première fois que l’on monte à cheval. Cet exercice étend fes effets fur la poitrine ; il donne occa- fion aux différens changemens d’air qu’on rencontre à la campagne, tantôt dans la plaine , tantôt fur les collines , tantôt fur le bord des rivières ; changemens qui agacent doucement les houpes ner- veufes & contrarient les fibres; de forte que ce fluide pénétré avec plus de force dans la poitrine & excite l’expeâioration. D’un autre côté , les différens objets qui fe préfentent , font comme autant de
( 1 ) In hoc affeÛu corporis véhicula fedi^e
vtl mugis etiam. equo prodejl , neque enim ulLa. ret etugis intcjlina confirmât, Celf, Ub, 4> cap, i , f, 5,
C tt6 )
nouvelles fcenes , qui amufent infiniment
refprit.
Ce fond de gaieté, que l’équitation înfpire à un malade, eft une diverfibn vraiment defirable , & dont le Praticien peut tirer un grand parti : car plus Ta crainte & le chagrin font capables d’ag- graver une maladie , & même de l’oc- cafionner , plus on doit faifir avidement un moyen agréable de la guérir ou de la prévenir : or l’exercice du cheval en eft -un qui peut infpirer la plus grande confiance, foît au malade, folt au Mé- decin, & dès 'lors opérer les^ meilleurs effets.
Ils font merveilleux ces effets, dans tous les cas où l’équitation eft faite à propos î ils font prefque incroyables , fur-tout dans la cure des maladies chro- niques qui affeétent la poitrinè & îe bas-ventre. Aufiî cet exercice eft-il infi- niment plus agréable & plus falutaire pour un malade que celui du carroffe, fi toutefois fes forces le permettent*
( II? )
Pleiiipîus C 1 ) , Sydenharri , F uller , Vanfvieten s’accordent tous à lui donner la préférence.
Mais fi l’équitation efl: poulTée à un , degré trop violent, comme de trotter ou de galoper fortement , c’eft de tous ; les exercices violens le plus dangereux pour les malades fur - tout , parce I qu’alors les fluides & les folides éprou- vant un bouleverfement confidérable ,
, & que les vifceres trop agités peuvent ; fe déplacer de leur fituation naturelle -,
, âî produire des hernies. De ces effets ide l’équitation trop forte & trop vio- ! lente , fuivent des courbatures , des ■ douleurs aux articulations (2), des cra- 1 chemens ou des piffemens de fang , des hémorroïdes , &c,. &g.
( 1 ) Per rhedas icd pedibus crurïbufque olrigefcuni i ar non amplms incedere valeant. • . . Equitatio commodior ■ eji , modà non fit cquus fiernax , cefipicaxor aiu fuccuf- ijbr. Plempius , ibid. quo fupr^.
( 2 ) Equitare .fi cui articuli dolent , inimicijfimuTM I fninium ell. Cerf. lifa. 4 , cap. i*
X Ii8 )
SI quelqu’un s’étonnait de ces fuîtes funeftes , qu’il réfléchiflTe un moment aux forces qu’il faut employer pour fe tenir ferme fur un cheval qui court, ou qui trotte vivement, (ce qui demande nécef- fairement l’adion tonique de prefque tout le corps , & la contradion violente des' mufcles ) , alors il fera moins furpris de la fréquence des accidens dont nous venons de parler, chez ceux qui courent la porte , qu’il ne le fera de leur petit nombre , & pour ainfi dire de leur rareté, 'A plus forte raifon s’en fuivrait-il des défordres fenfibles fur les vifceres ren- fermés dans la poitrine & le bas-ventre, fi ces parties étaient déjà affedées. Qui ne conçoit en effet que le poumon étant tuberculeux, ou en partie fquirrheux, ou ayant récemment contradé des adhé- rences à la fuite d’une inflammation, les violentes fecoufles qu’il éprouverait par le galop ou le trot dur d’un cheval, pourraient donner lieu à des divulflons dangereufes , à des ruptures de vaiffeaux.
C 119 )
à des hçmophtifles , & hâter la fin des malades, qui, par erreur, fe feraient perfuadés que Téquitation pouvait leur être falutaire ? Elle Teft réellement dans la cure de ces mêmes maladies, comme nous le prouverons plus amplement ailleurs ; mais c’ell lorfqu’elle ‘eft très- modérée & faite à propos.
Cette obfervation , & toutes celles que nous avons lallTé échapper jufqu’ici, comme en palTant , nous impofent enfin la néceflité d’établir des précautions générales pour affurer le fuccès des trois genres d’exercices. Ges réglés gymnaf- tiques feront l’objet du Chapitre fuivant*
I
)
Réglés gymnafliques^
Quij « qiuà , uM t çuilus auxiliis , cur, quomodà, quandèt
Ïj e s trois genres d*exercîces adoptés par. la Médecine pour la cure de diffé- rentes maladies , font d’une efficacité fi grande , qu’ils deviennent quelquefois par eux - mêmes un moyen plus ou moins fûr de guérifan. Cependant lorf- qu’on parcourt certains Auteurs , qui ont écrit fur la Gymnaftique Médicinale, - on eft étonné de voir que les uns ont préconifé certains exercices- comme des moyens falutaires dans telles ou telles ■maladies -, que les autres , au contraire , les ont formellement défapprouvés comme ouifibles. L’équitation , par exemple , que Sydenham, Vanfvieten, Fuller ont
regardée
■( I2I >
regardée comme un fpécifique contre les embarras des vifceres du^ bas-ventre , efl: rejetée par Jonfthon , Jérôme Mer- curial, &c. Et les fentimens font aufli très-partagés fur les bons ou mauvais effets de la vocifération. Cette différence dans les avis prévient f homme vraiment înflruit , qu’il n’y a point de remede bon ou mauvais abfolument , & que fon fuccès dépend entièrement d’une jufle application. Traçons. à cet égard quelques réglés de conduite.'
La nature de la maladie étant affez connue pour favoir fi le mouvement eft néceffaire , il convient alors,
1®. De faire choix des exercices qui paraiffent plus propres à remplir les indications curatives ;
2°. De régler le tems auquel il con- vient de s’exercer ;
5®, De proportionner la mefure 2c 'la durée de l’exercice à l’âge du ma- Clade, au fexe , au tempérament, à iâ( mifon, &c.
C 122 )
' 4®. De prendre des précautions par- ticulières , après lexercice fini. Détail- lons chacune de ces réglés dans un paragraphe particulier.
§. P'.
PREMIERE ReGEE GyMNASTIQUH.
Ze choix des Exercices*
Ce que nous avons dit des effets du mouvement en général , relativement au tems, au lieu , au degré & à la durée, doit être appliqué à tous les exercices des trois genres. Cette application une fois faite , fon fendra aifément la diffé- rence de leurs effets , relativement à la nature de l’exercice , qui exigera des efforts plus ou moins violens; & c’eft ce qui en déterminera le choix.
Parmi les exercices du premier genre, il en eft de deux efpeces : les uns vio- lens/qui mettent dans un inflant tout le corps dans la plus grande agitation ;
( 1^5 )
les autres plus modéTés, qui n’exîgent qu’un léger mouvement mufculaire quel- quefois général , d’autres fois loco- mouvant. Par exemple , il eft démontré que le jeu de billard, du palet, la pro- menade, & tous les autres qui n’exercent que modérément le corps , ne produi- ront pas les mêmes fecoulTes aux vifceres & à l’adion mufculaire ; qu’ils n’excite- ront pas la même tranfpiratlon , ( leur durée étant égale), que les jeux du volant & de la paume , que l’exercice de l’efcrime , de la danfe de la chafTe. L’on en fent alTez les raifons , d’après i’expofition de leurs effets. Parmi ceux qui ne mettent en aélion que les extré- mités, il eft encore aifé de diftinguer les modérés des violens , & il en eft de meme à l’égard des différens exer- cices de la voix. Ne nous répétons pas.
D’apres ces réflexions générales , nous croyons pouvoir décider fans crainte, que les exercices du premier genre ne conviennent pas aux corps languifTan^,
'F ij
r I2-J. )
cacocliimes & mal conflitués j à ceux qui ont perdu leurs forces par le long féjour du lit ou par quelque maladie lorrgue & confîdérable , & qu’ils ne peuvent être utiles qu’aux malades qui ont alTez de forces pour en fupporter Taélion , & long-tems même après la ceiïation des accidens.
Quand il eft néceffaire de mettre en mouvement toute la machine par le moyen des exercices , il faut faire choix de ceux qui remplilTent mieux cette intention. Il eft des gens qui s’en tien- nent à un feul exercice, qui favorife feulement quelques parties du corps & laiiïe les autres dans l’inadion. Il eft important de faire toujours choix de fexercice qui fait agir précifément les parties où le mouvement eft indiqué : c’eft de cette application bien faite que dépend le fuccès.
Les exercices du fécond & trol- fieme. genre ne convenant abfolument qu’aux mdades qui ne peuvent point
c 12; )
s’exercer par eux-mémes il eA clau que la geftation la plus douce , telle que la litiere, la chaife à porteurs & le bate^ , ainfi que le pas du cheval , doivent être préférés jufqu’à ce que les malades aient un peu recouvré de leurs forces. Que l’on monte alors dans une voiture , mais que l’on n’aille que lente- ment, d’abord en rafe-campagne & fur la peloufe , jufqu’à ce que les forces- permettent de fupporter fur un terrein inégal & pierreux , les violentes fecoulTes 'd’un char moins bien fufpendu , ou d’un cheval qui marche au trot. Ces exercices palTifs ont-ils produit l’effet qu’on en attendait? Eft-il néceffaire, pour achever la guérifon, de continuer & d’augmenter le mouvement de toute l’aélion mufciir lalre ou d’une faculté loco-mouvante ? C’eft alors qu’il faut recourir aux exer- cices aéfifs, après en avoir déterminé le choix.
En général , dans tous les cas oii l’on ü propofe de faire de l’exercice pour
F iij
C )
le rétablifTemeht de la fanté, fon doit ehoifir , autant qu’il eft poffible , le moyen qui plaît davantage , qui récrée l’erprit en même tems qu’il met le corps en aâion , parce que , comme dit Plg.- ton : ce La liaifon générale qui eft entre 33 l’ame & le corps , ne permet pas que 33 le corps puifîè être exercé fans l’efprît» 33 & l’efprit fans le corps 3>,
§. II.
Seconde Réglé Gymnastique^ Le choix du tiras.
Le mouvement étant indiqué pour la cure d’une maladie, il vaut mieux s*y livrer après la ceflation des douleurs ■que pendant qu’on les éprouve encore ; il vaut mieux le prendre quand le tems des premiers accîdens eft pafte , lorfqu’il y a diminution dans la fuppuration, & lorfque les crifes font paffées.
Il eft de regle-pratique qu’on ne doit
( 1^7 )
jamais agiter un corps qui fouffre , foît que Ton reffente de la douleur par-tout , foit qu’on n’en reflente que dans quelque partie ; il eft peu de cas exceptés. On n» doit point le faire non plus dans le redoublemeat de la fievre , mais toujours dans la rémiffion.
L’expérience a prouvé encore qu’il convenait mieux de prendre du mouve- ment avant de manger qu’après : ou en fent bien les raifons. Cependant il y a des tempéramens , & fur-tout les bilieux, qui ne peuvent fupporter un exercice violent, notamment celui du cheval, lorfque leur eftomac eft entiè- rement vuide. Ceux-là doivent alors prendre un bouillon, ou quelqu’autre nourriture légère , avant que de monter à cheval. Nous remarquerons encore qu’on ne doit pas manger , ni s’appli- quer d’abord après l’exercice (i), parce
( t) Ne fianm fojl exereitationem cilus ajfumaeur » fed modica imerjieiatur mora. , quà ufque fervor rtmiiti- tur (f agitatio corporis jam fedata appareat. Mercurial
Fiv
C 128 )
!
qu’alors on a befoin de repos , & que Tadion de l’ame n’eft point un repos
pour le corps fatigué.
/
S. 111.
iTeoisieme Réglé Gymnastiquf,
'La tnejurc & la durée de V exercice proportionées à V âge , au fexe y ' au tempérament du malade , &■ à
i *'
la faijoji où il efl exercé.
La réglé générale qu’il faut fuivre pour la mefure & la durée de l’exercice , c’eft de l’interrompre^ non tout-à-coup , mais peu-àrpeu , & par degrés , lorfqu’on voit que les vailTeaux commencent à fe gonfler, que la refpiration devient moins libre, que la rougeur du vifage aug-
de arte gymnafticâ. Poji fatietatent nihil agtndum. Si çuii interdiù fe implevic i pojl cibum neque frigori , Beque cejîui J neque lubori fe dehet committere: neque enirn tam facile btec inani corpore quàm replete noceac. £elf. lit>> I , Cap, 1 , fcâ, »,
( I2P )
mente, que la peau eft fuante, & que l’on fent une lalîîtude , fans être accom-* pagnée de fatigue ( i cependant la difficulté de refpirer & là fueur ne font pas toujours des lignes certains- que la mefure de l’exercice eft fuffifante, parce qu’il y a certains exercices violens qui peuvent produire ces deux effets, avant que d’avoir fatisfait au befoin entier qu’on peut en avoir : la fueur d’ailleurs, eff quelquefois plus prompte ou pjus tardive chez les uns que chez les autres; Il en eft de même pour la gêne de la refpiration ; elle ne doit pas toujours être l’indice du terme du mouvement^, parce qu’elle peut dépendre de la com- plexion plus ou moins forte du fujet,, & de la nature de la maladie;
Au refte l’efpece & la duré® ded’éxer-
— ■■■ , —I l.^^ —
( * ) Maderata exercitatio.eJl que ufque ad fudoremi. auz cmè lajfituiinem. chri fatigationem. : ejl eniminnr tas difcrimen quàd lajjitudo fit corporis gravitas r fatigatio autcm fit immodcratio lahoris ilia- fpiriaim non nibil exfolvic, hac plus fatis corpus incalfaeic irs uficcat, Plcmphn, &C|
C 130 )
cîce doivent varier à raifon des Indica- tions curatives : car lorfqu’on a celles d’un exercice forcé pour la gucrifon dfr certaines maladies chirurgicales , le» fignes indiqués plus haut ne peuvent pas toujours fervir d’indice pour le degré & la durée- du mouvement qui doit être alors proportionné à mille circonftan- ces fur lefquelles on ne faurait donner des réglés précifes ; c’eft fur quoi on doit fe confulter foi-même^ Souvenons- nous qu’à quelques exercices qu’on fe livre, ils doivent toujours être alTaifonnés de cette fage modération qui peut feule procurer les merveilleux avantages que nous en attendons. C’eft à la fagefte de ceux qui les confultent & de ceux qui s’y livrent, àles reftreindreou à lesétendrew Ne perdons pas de vue fur-tout que le choix , le degré & la durée de l’exercice doivent être proportionnés,^ comme nous l’avons dit, à l’âge, au fexe, au tempérament du malade, & à la faifon où il eft exercé.
( I3I >
Quant à l’âge , un jeune homme* & un vieillard fupportent plus facilement telle efpece d’exercice aiflif y qu’un homme dans l’âge de maturité , qui n’eft point accoutumé au mouvement & au travail. Cependant les jeunes gens & les vieillards doivent s’exercer moins vio-' lemment & moins longteras, que les, hommes faits. La raifon en eft que tous ceux qui prennent, avant le tems, des exercices qui ne font pas faits pour leur âge , vleillLflent & tombent dans une rigidité prématurée.
Les Soldats , par exemple , qui Ce fatiguent beaucoup plus que leurs Offi- ciers, font hors d’état de fervir avant ceux-ci, qui, foulagés dans leurs travaux par l’aifance & la richeffe , confervent très long tems une vieillelfe adive 8c exercée , utile à l’Etat & agréable è eux-mêmes*
Il y a pourtant une maxime à obfervef pour les vieillards , c’eft qu’ils doivent toujours 5 dans certains cas , & lorfque
Fvj
C 13a )
l’efpece de mouvement indiqué efl indif- férent pour la cure de l'a maladie , con- tinuer les exercices auxque^s ils (ont accoutumés ; par cela meme que l’habi- tude les leur a rendus plus faciles , ifs ne peuvent que leur être plus agréables: au moins eft-il certain qu’ils s’expofe- raient. G, tout d’un coup ils voulaient fubftituer un genre nouveau d’exercice à celui auxquels ils étaient accoutumés. J’ai vu ^des gens qui retrouvaient faci- lement leurs forces par la promenade, & qui étaient incommodés par la chaife à porteurs & par là voiture j d’autres que la voiture foulageait beaucoup , mais qui ne pouvaient pas fupporter la pro- menade la plus modérée.
Au refte les exercices des vieillards doivent être doux & modérés, ils ne doivent ni fatiguer leurs folides , ni fouetter trop leur fang ; les prome- nades à pied , les jeux , les exercices modérés, les plaifirs de la campagne, pair exemple, Ôi lur-tout ceux de l’agri-
( 133 )
culture (i), qui environnent leurs corps" des parties fubtiles* des plantes , &' qui leur font refpirer un air pur & falutaire. Tous ces exercices «Sd ces jeux leur con- vienneut beaucoup , ainfi qu’aux adultes, dans un tems de convalefcence.
2®. Le fexe; le corps des femmes efl: naturellement plus fluet , plus mince & plus délicat que celui des hommes. Cette* loi efl a/Iez générale dans toutes les femelles des animaux , comparées aux mâles : cependant il n’y a que la femme qui ait cru avoir des droits à l’oifiveté r
( I ) Nous entendons par les tra?aux de l’agriculture» non pas ceux ausquels font condamnés les malheureux qui font courbés fous le poids des fardeaux , & qui rapportent tout le faix du joui » mais ceux que no u « préfente le Laboureur dépeint par Virgile , donnant des ordres au milieu de la campagne & faifant devant lui couper fcs. moilTons ou fouler fa vandange ; tantôt voyant traire fcs vaches , tantôt occupé à compter fes génifles. Cette belle fimplicité de la vie champêtre , éloignée des remords & des chagrins , méritait bien d’être chanté par les Poêles j &s’il eft i.mpodible de la retrouver aujourd’hui , leurs vers du moins font d’aim*». bles leçons qui nous apprennent à la regretter.
C 134 )
leur texture établit la nécefïîté des exer- cices doux & modérés. Qui eft-ce qui n’a pas remarqué que ces femmes les plus oifives de corps & d’efprit, tom- bent fouvent en convulfion à la moindre caufe extérieure , à une promenade u» peu longue; parce que, quoique faible, l’imprelllûn de cette caufe efl: trop forte pour elles? Elles font à-peu-près comme les convalefcens , dont les fibres font dans un état d’atonie bien marqué : au moindre mouvement extraordinaire, ils treiraillifTent jufqu’à la convulfion, ce n’eft pas que la tenfion produile aucun danger de rupture dans les fibres ; mais quelque faible qu’elle foit , elle eft trop forte pour des fibres déshabituées du fentiment , & dont Tétât naturel efl: d’être relâchées. C’eft pour cela que les exercices aélifs les plus modérés , & encore mieux les paflifs conviennent davantage aux femmes malades. Il faut remarquer qu’il y a cependant certains exercices qui conviennent plutôt aux
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femmes lorfqu’elies font nourrices, fc'eft ce que nous indiquerons plus loin , quand Toccafion s’en préfentera) ; i! en eft d’autres qu’elles doivent éviter, ou préférer pendant la groiTelTe,
Il y a des femmes qui n’ont point confidéré l’équitation comme un exer- cice au-deflfus de leurs forces & de leur caraftere, on le leur a confeillé quel- quefois avec fuccès pour hâter le retour des réglés ; mais je ne voudrais pas qu’elles fe tinfTent à cheval comme les hommes, cela eft trop froiffant; il vau- drait mieux qu’elles y fuflent alîifesjles deux jambes d’un même côté , & les deux pieds appuyés fur un large étrier.
En vain obferverons-nous ici que le plus grand nombre des femmes qui habitent les villes, s’exercent trop peu, ou ne font qu’un exercice épuifant. Beaucoup d’autres les ont averties avant nous que rien ne détruit plus leur tem- pérament & leur conftitution que la mollefte ôc l’indolence où elles vivent.
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Xæs femmes font, idolâtres de leurs appas ; & livrées à leurs caprices , elles, font.prefque toujours fourdes-fur l’article de leur fanté. Au refte les réglés, de. proportion que nous, traçons, pour les hommes, peuvent, prefque toutes être adaptées aux femmes , Jervatis ferva:idis^
3°. Le tempérament; tous les hommes ont chacun le.ur tempérament , & c’eft. d’après la connai/Tance- qu’ils nous en donnent eux-mêmes , & les obfervations. que nous y pouvons ajouter, que. nous devons diriger nos moyens curatifs &. la prefcription des exercices ou plus forts ou plus modérés que. nous leur, confeillons , ayant cependant toujours, égard aux indications curatives qui nous font préfentées..
Par exemple , avons-nous à faire à. un tempérament fanguin , dont les vaif» féaux, font très fouples par leur extrême- délicatelTe, qui fait qu’ils fe relâjchent aiféraent ?
Dans ce cas, on a à craindre la plé--
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thore & fes fuites. C’eft ici que Texer-^ cice mcwléré & fuivi , félon les re'gles <le la raifon, que des fridions générales de tout le corps , qui donnent aux fluides du mouvement, aux folides de la force , & qui' augmentent la tranfpi- ration , font des fecours auxquels, on ne peut reprocher aucun danger. Un exercice excelîif occafîonnerait promp- tement l’inflammation, la fievre, &c. , Les fibres font-elles fouples ? Elles . doivent fe fortifier alors, par la fatigue; il faut que les gens dont les folides portent ce caradere , fe fouviennent du mot de Celfe : labor Jiccat,
La conflitution bilieufe. fuppofe plus d’adivité qjie dans les tempéramens fan-<- guins ; auflî celle qui eft de cette nature, ne craint que les maladies inflammatoi- res ; tout y, porte chez elle : folides , humeurs , tout y eft difpofé. La denfité. inflammatoire qui eft fon apanage , ea irapofe donc aflez fur le danger des exer- cices violens, & fur leur longue durée.?
C 138 )
Dans les tempéramens pituiteux & mélancoliques , où les liqueurs circulent difficilement & lentement, forcez fans crainte l’exercice, il n’y a pas de conf- titution dans laquelle on doive lui don- ner plus de vigueur ; & choifilTez de préférence celui qui anime & fecoue davantage la machine & qui donne plus d’adivité aux liqueurs. L’augmentation de mouvement, de frottement & de chaleur qui en réfultent , font de grands inflrumens de coélion capables d’atté- nuer & de fondre les glaires qui incom- modent un pituiteux, les vifcofités qui obftruent les vifceres-, & pour fortifier les mufcles qui languifTent. Mais c’eft fon tempérament d’être parefTeux : il fuit le travail qui lui eft contraire , dit- il , parce qu’il le fatigue ; il dort pour digérer ; il s’enfonce dans la mollelTe pour engourdir fes douleurs ; il s’aban^ donne enfin, pour parler avec le vulgaire, à fon tempérament, fouvent formé par l’art plutôt que par la nature : c^eft un
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enfant de l’opulence & de l’ollivcté. Cherchez des phlegmatiques décidés parmi les Laboureurs & les Soldats, vous n’en trouverez pas un feul. L’exercice gradué donne des vertus aux tempéra-- 'mens qui ei> paraiflènt le moins fufcep^ tibles.
Les mélancoliques relTemblent beau- coup aux phlegmatiques , leur conftitu- tion eft feche & froide ; ils ont auflî befoin de mouvement, mais celui qui fècoue les vifceres leur eft préférable*
4®. Quant à la faifon , l’exercice dans les grandes chaleurs doit être fort mo-» déré; il faut même avoir un foin tout particulier de n’en faire aucun dans le tems de la journée où la chaleur efl la plus violente. Ce repos du midi eft exaâement obfervé par les ouvriers qui travaillent en plein air; ils s’abandonnent à la fenfation du relâchement que pro- duit la chaleur , parce qu’ils ne peuvent vaquer à aucun exercice qui exige beaucoup de force. Les animaux fem-
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blent fulvre en cela l’efpnt de la nature: car jamais les forets & les bois ne font plus tranquilles qu’à l’heure du midi , à caufe de la grande chaleur. Les animaux terreftres font au gîte, les oifeaux ne font point entendre leur ramage : le füence de cette époque du Jour eft prefque"^ comparable au filence de la nuit.
Quoique nous ayons dit que l’exer- cice donne de la force aux fibres , néan- moins il fait une trop grande dépenfe d’humeurs pendant l’adion vive du foleil ; & le choix étant permis , l’exercice pallîf ou mixte doit être pré- féré à l’exercice adif ; mais ces fortes de choix n’appartiennent qu’à la moindre partie des hommes. Ainfi lorfqu’on eft obligé d’avoir recours aux exercices adifs pour remplir les indications cura- tives , il faut choifir le moment du jour où il fait moins chaud pour s’y livrer.
Pendant l’hivex,. au contraire , rexer-;
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cice doit être prefque outré., s’il cft permis d’outrer jamais rien. Il doit tou- jours tendre à vaincre l’inadion que le froid humide donne à nos fibres. Il faut Je faire à pied , autant que la faifon le permet. Des fridions longues & répé- tées peuvent en tenir lieu , & l’on peut même les joindre à J’exercice , comme le faifaient les Anciens.' Cela regarde plus particuliérement ceux qui -relevent . de maladie : car on fait que les conva- 1 lefcences font plus longues & plus diffi- ■ elles en hiver qu’en été ; mais on doit . avoir Ja plus grande attention à ne pas prendre d’exercice après le repas. Rien 1 ne nuit plus à l’aflimilation que de s’ex- Ipofer au froid pendant la codion,
§. lY.
' Quatrième Réglé Gymnastique;
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Uixtrcici fini.
Après Texercice fini , l’on ne peut îfans danger paflèr tout d’un coup d’un
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travail immodéré au repos ( i ) , ni d’un trop long repos au travail. Il faut fe difpofèr peu-à-peu au changement. Ne fait-on pas qu’une perfonne qui eft fatiguée d’un exercice auquel elle n’eft point accoutumée , fe délalTe , en repre- nant le genre d’exercice auquel elle eft faite ? Levât quoque lajfnudinem etiant lahoris mutatio , dit Celfe , 1. i ; ■& con- tre cette kftitude , quand elle eft extrê- me , quel remede y a-t-il ? Le lit dans lequel vous couchez tous les jours, dit encore Celfe , fatigato quotidiamim cubile tutijfimum efi , infolitum contra.
Si la fueur a réfulté de l’exercice que l’on a pris , il eft important , avant de changer de linge , de fe faire elTuyer & frotter modérément le corps , avec des linges fecs & un peu chauds : hune rejicit
( I ) L’on dît ordinaÎTement que la plcurd/îe rient ppur s’ètre trop exercé ; l’expérience montre au con- traire que c’eft moins à l’exercice , qu’au repos fubit après l'exercice < qu’eit due cette maladie.
f 143 ).
în ipfo quoque itinere frequens unciio \ pojl iter primum fedile , deindè unciio ( I ).
Les Jokeys Anglais ont bien foin de prendre ces précautions pour conferver les chevaux qu’ils viennent de faire cou-* rir; l’expérience leur ayant appris que, fans ces précautions , les plus vigoureux & les plus agiles torabent dans un état de langueur & perdent leur force & leur légéreté. Auflî-tôt que la courfe eft finie , ils leur donnent du vin , les frottent enfuite avec des bouchons de paille ; après quoi ils les font marcher un infiant , & les frottent de nouveau. Prend - on autant de foins du palfrenier qui a monté le courfier?
Il ne ferait peut - être pas hors de propos de traiter ici ce qui concerne les friélions; mais comme cela inter-
( I ) Par ce moyen non feulement on nettoie le cerpï , en abforbant l'huinidité qui le mouille ; mais on fait fortir encore des pores de la peau des reftes de fucur qui y ont été ponds . & par-là on diminue la 1 laUitudc.
C 144 )
tompraît l’ordre que nous avons an- noncé, il nous a paru plus convenable d’en faire un petit traité particulier, rejeté à la fin de l’ouvrage. Paflbns à ce_qui regarde le repos.
CHAPITRE
( HS )
CHAPITRE VI. ♦
Du Repos,
Ij E repos du corps eft la cefTatiora du mouvement que l’on a fait en fe livrant à l’exercice ou au travail ; c’eft Tétât oppofé à celui de Tadion qu’operc ce mouvement. Il y a deux fortes de repos , l’un du corps en entier ou de quelqu’une de fes parties feulement ;
I Tautre , celui des fens externes ou de Tefprit.
Le xepos du corps efl: celui que Ton prend lorfqu’on eft couché, & que les ; puiifances qui le mettaient en a<ftion ; font relâchées , &; n’agiffent plus. Le irepos de Tefprit eft celui où les fens l externes ne font pas troublés de la part :<des chofes extérieures : c’eft l’état du iplus parfait repos du corps, c’eft-à- dire , celui où il n’y a d’autre adion
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C )
que celle qui vient des mouvemens libres, doux , aifés des fondions vitales.
Sous ce point de vue , examinons les effets du repos, fes avantages, fes inconvéniens, & les précautions nécef- faires pour en affurer le fuccès dans la cure des maladies en général.
§. I.
jDey effets du Repos»
Pendant le repos , les fibres motrice* ont une forte de relâchement, ou du moins leur tenfion diminue; elles font dans un état de tranquillité , pendant lequel tous les mufcles antagoniftes font en équilibre, & où Tadion étant égale de part & d’autre , aucun d’eux ne l’em- porte, du moins de très-peu , fur le mufcle qui lui correfpond. Les liquides que le mouvement tenait divifés , fe ralentiffent dans leur circulation : auflî le mouvement du fluide artériel eft-il plus tranquille & mieux ordonné, l’adioa
c 147 )
confiante & uniforme du cœur & des mufcles de la poitrine, (les feuls mo- teurs 3 , lui communique une impreffion beaucoup plus douce & plus égale que pendant le mouvement, où la feule con- tradion des mufcles qu’exigent les diffé- rens exercices du corps , donne à ce fluide plus ou moins d’impétuofité. C’efl: pourquoi nous avons confidéré ailleurs le tems des exercices , comme un tems de dépenfe qui met en contribution toute la machine ; car un corps toujours agité reffemble à une liqueur qui efl: fur le feu , elle fe tarit , & fes efprits s’évaporent. Ici nous envifageons le repos comme un tems de reftauration , pendant lequel le corps fatigué fe délaffc, & les forces fe réparent ( ^ )• Nous en pouvons dire autant du liquide nerveux & de toutes les autres parties foit folides , foit fluides. En effet un cours
(i)Quod caret alterni requit durahile non ejl, ktec réparai vires, feÿ'aque membra levât. Ov, her. cp. 7,
Gij
( hS )
\
du fang plus uniforme & mieux ordonné, eft bien plus propre à la nutrition & à raccroilTement qui fe fait par appofition des parties aux vailïeaux, qu’un mouve- ment impétueux & interrompu.
Or ces parties ne pouvant fe réparer que par l’abfence de la tenfion & par le repos, il paraît que le delTein de la nature, pendant ce tems , eft de rendre la force & le ton aux parties qui ont éprouvé une certaine diftraâion par le mouvement. Voilà pourquoi, lorfqu’a- près des exercices violens , nous com- mençons à goûter les douceurs du repos , nous cKoifiiTons naturellement la fituation la plus, convenable à des membres fatigués , celle qui s’adapte le mieu?; aux intentions de la nature. Telles font celles que nous devons fcrupuleu- fement obferver dans la cure des mala- dies aiguës ou il faut modérer le cours des fluides & procurer leur épaifliffe- ment, diminuer la grande chaleur natu- relle , & quelquefois fébrile ; où il faut
C I4P )
faire ceffer îes douleurs & les tiraillef- mens caufés par le eonflement des vailTeaux ^ & prévenir les défordres que l’acftion mufculaire pourrait dé ter'- miner, &c.
Le repos du corps ne favorilerart pas aflez de tels effets , fi refprit était tyou* blé de la part des cKofes extérieures, comme par le bruit, le tumulte, le foucî , &C. Cl). Il en eil des malades comme des gensde Lettres 8c des favaiîs: lorfque ceux-ci veulent étudier 8c mé- diter, ils recherchent avec fc^ cette tranquillité, ce üience & cette paix qui favorifcnt I examen des penfées.Defcarîes compofait un grand nombre de fes Mé- ditations dans le Ut. Nous devons éga- lement adopter cette méthode pour certains malades , fur lefquels le moin- dre bruit ferait capable d’augmenter la £evre, d’amener le délire, d’empêcher
( 2 ) Cura, ac meditatio hominibus pro animi txerci- f/lfïonc ejl, Hij), de morb, vulg. lib, 6. f. 5. apfa. 10^
( lyo >
Je plus parfait repos , d’éloîgner le fommeil.
II e/t itîconteftable combien le repos du corps , tant qull eft modéré , peut produire d’effets falutaires auxquels on ne faurait fuppléer par aucun autre moyen. Mais le repos qui eft de trop longue durée, eft très-fouvent fufeep- tible d’Inconvéniens fâcheux : en favo- rifant la condenfatlon des fucs, il la transforme en épaifliffemens marqués dans quelques-unes de nos humeurs ; il relâche trop le refforfdes vifeeres, U affaiblît confîdérablement l’adion des fibres ; il plonge dans la ftupeur & l’engourdiffement toutes les facultés du corps ; & la nature livrée à elle-même, fupporte alors le fardeau de toutes fes fondions : d’où s’enfuivent des concré- tions, des épaiftiffemens , des lenteurs dans le cours des liquides, des engor- gemens dans le tiffu cellulaire , des bouffiffures , des amas d’eau, & d’autres embarras dans les vifeeres j enfin l’affai-
c i;i )
bliflèment de tous les fens , Tlnertie des mouvemens , la proftration des forces , rinfenfibilité , la fufpenlîon des fecrétions ôc des excrétions, les mau- vaifes digeftions , le défaut de dépura- tion, dénutrition, & en dernier relTort, l’extinétion de la force vitale.
Les progrès de ces accidens font blet» plus rapides dans un malade. C’eft une obfervation de Sanélorius , dont il donne tout à la fois la railbn & la preuve: Quies loaga. effidt corpord ægrotantia ponderojiora , tum quia prejpirabilia ex^ cremcnta motu ad^xcretionem pr.æparanturÿ zùm quia quiete cibi & potiis- , Ji infoliii Jîïit , vcl débita copiojîores , ut in cegris accidit ^ non digeruntur. Et indè omnid mala , (S* fcepiffirnè mortes eveniunt».
Faudrait-il des exemples pour prou- ver que l’abus du repos eft beaucoup plus dangereux que celui du mouve- ment ? Nous en avons fans ce’.ffe fous les yeux : voyez ces malades: cjui ont
été forcés de garder long -teins le lit.
*
Cj IV
C ip )
lis n’en fortent ordinairement qu’avec quelques membres perclus ou enkilofés ; ou il s’eft développé chez eux un prin- cipe fcorbutique , ouleur convalefcence eft une nouvelle maladie. B y a mille autres inconvéniens du repos trop pro- longé , que nous aurons occafion de faire connaître.
Mais fans aîïer dans les hôpitaux pour les faire appercevoîr , examinons les hommes qui ne font pas réellement malades , mais qui paflent leur vie dans rinaélion , l’indolence & lamollelTe. Un embonpoint exceflif , un teint livide & plombé, des digeftions lentes, des hé^ inorroïdes , des jambes enflées , &c. voilà les fruits de leur nonchalance & de leur oifiveté. Le cheval le plus ro- bufle , qu’on laiffe trop long tems oifif dans l’écurie , perd fa force & fa viva- cité Ci). Si le repos trop long produit
; ^ — —
( I ) Valhdis curjilus quotidii ajjuecus e^uus quiefcat
' injlahilrs; rpma. Irevi ^inpiedine nirgct, fei fimul lo^gl deliiiorfict , folUiî laborihus impur omninà. Vanfvietcji, p.
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un effet aufll funefte fur les fibres dures Sc élartiques de cet animal , combien lî’en doit-il pas produire de plus fenfi- blés fur les fibres de l’homme, qui font plus faibles, & fur celles des femmes encore plus délicates ! La Alorale , dit un Philofophe moderne , fait de f oifiveté la mere de tous les vices ; la Religion la préfente comme un péché capital ; la Médecine la confidere comme la fource de tous les maux.
Le repos trop long entraîne donc après lui des inconvéniens aufii préjudi- ciables à l’entretien de la fanté , que nuifibles à la guérifon des maladies ; il les entraîne par la raifon que les 'organes .& les fondions ceflant d’agir , il ne s’y fait pas d’atténuation & de filtration de la part des humeurs, & que leur fluidité eft au-deffous du degré requis , par la faibleffe & l’inadion de l’agent qui doit l’entretenir. De là tous les défordres qui fe manifeftent dans l’écorromie ani-
G y
( 1X4 >
lonçé eft un excès, & tout excès eft ennemi de la nature , dit Hipocrate* ûmne nimium natures inimicum^
Hâtons- nous donc de pofer des bor- nes au repos , comme nous en avons preferit au mouvement. C’eft une loi que nous nous fommes faite, & une né- ceflité que notre fujet nous impofe.
On pourrait élever une queftion à la fin de cet article : la Jituation d'un homme debout peut - el'e être regardée comme un état de repos ?
Oui, & non. Oui : en ce que le corps placé dans cette fituation n’eft pas mis dans un état de mouvement. Non : parce ,
qu’il eft clair que l’aéèion tonique des ' j mufcles que cette fituation exige , n’eft j pas cet état de repos que nous a'vons ) établi, Sc pendant lequel nous avons j fuppofé les mufcles dans le relâcliement èc fans aéfion.
Cette queftion ainfi éclaircie, nous j ajouterons que la fituation dont il s’agit | n’eft: rien moins que favorable en beau- |
c i;; )
.coup de cas , & qu’en appefantifTa/it les extrémités inférieures , dont les fluides retournent avec peine vers le cœur, elle peut produire des effets très^nuifibles à la cure des plaies & des ulcérés, à la guérifon des hernies & des éeouîemens de la matrice, aux maladies des lonv- bes, des reins & des parties génitales ^ &c. &c»
§. IL
Réglés generales concernant k Repos»
Lorfque le repos eft indiqué pour l’a cure d’une maladie , on doit prendre toutes les précautioris néceffaires pour en affurer le fuccès & prévenir fei inconvéniens. Il faut donc avoir attea» tion ,
1°. Que le cou, les reins, les poignets- & les jambes ne foiént pas ferrés, que. îîes bandages ne compriment pas trop- les parties où ils font appliqués r ce- ferait mettre obftacle à la liberté de la- circulation , donner lieu ^ des engox-
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c )
■gemens , d où s’en fuivraient des en- gourdïiTemens , de l’inquiétude , l’oede- me, &c.
Gette précaution doit être îa même pour les petits enfans que l’on a ia fureur de mettre au maillot, qui, par lui-même inquiété, irrite, échauffe trop J’enfant y & lui caufe une efpece de douleur en le comprimant ;• compreffion capable de caufer quelquefois les plus grands, ravages fur des. parties fufcepti- bles d’imprefïîon & d’accroifferaent, fur les vifceres , & dans toute l’économie animaler ?
,2®. Les maîades ne doivent pas être couchés ni trop mollement , ni trop durement ÿ ils repofent quelquefois mieux dans un lit un peu dur, fans plumes fans rideaux.
Locke , en parlant de l’éducation de la jeuneffe, recommande de' faire cou- cher durement les jeunes gens, c’eft-à- dire , fur des matelas de paille , de laine 'pu de crin ^ ôc jajDQais fur. des lits de
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( ir? )
^lume , parce qu’ils produlfent nécefîà^ rement des complexions délicates & valétudinaires. Ce Philofophe obferve très-bien» qu’un lit dur fortifie les mem- bres & qu’un mollet, où l’on s’enfevelk, chaque jour dans la plume , fond & diffout, pour ainfi-dire, tout le corps; ce qui caufe fouvent des faibleifes , & eft comme l’avant-coureur d’une mort prématurée. Cette expreflion n’eft pas exagérée; car rien en effet n’eft plus préjudiciable à la fanté & à la vigueu-r du corps , que de s’enfoncer toutes les nuits dans le duvet. ■
Il ne faut pas trop couvrir les mala- des, fur- tout en été, afin de ne pas exciter en eux une tranfpiration , ou plutôt une fueur trop abondante, qui .les affaiblirait fûrement.
Remarquons, en paffant, qu’il eft peu de perfonnes qui ne . confondent pas la fueur avec la tranfpiration infenfible : que ce foit par les memes vaiffeaux que fort la matière de çes deux excrétions ,
( lyS )■
c’eft une queftion que t’ous lalfTons à décider aux Phyfiologiflt's. Nous ne voulons écouter & fuivre que l’expé- rience : or elle nous appre\id que la fueur affaiblit conlîdérablement & appe- fantit le corps, au lieu que la tranfpi- ration infenfible le rend plus léger & plus vigoureux; différence qui doit nous diriger dans le choix & la quantité de couvertures.
En accablant les malades de couver- tures de laine ou d’autres matières , osj écrafe les vailleaux du tronc, la circu- lation ne s’y continue qu’avec peine ^ le fang fe porte avec abondance à la tête ; c’eft pourquoi on voit la fueur couler plus fur le vifage que fur les autres parties du corps. Cet état de fueur eft incommode aux-malades , quand même il leur ferait indiqué; ils s’agitent dans leur lit, fe tournent &fe retournent de tous côtés pour fe procurer un peu de Fraîcheur.
Ces agitations font dangereufes i
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1*. parce qu’elles arrêtent la tranfpîrai- tion , fuivant cet aphorifme de Sando- rius. ce La trop grande agitation dans 35 le lit, met en aâiontous les mufcles, » diminue les forces , la digeftion & la »3 tranfpiration, 2**. C’efl: qu’en fe re- n muant , les malades peuvent fe dé- 93 barraflfer de leurs couvertures , & *3 relier nuds pendant le fommeil. Or, » fuivant le même Obfervateur , la » nudité du corps empêche plus la x> tranfpiration dans le fommeil que 93 dans la veille, tant à caufe de l’état 93 de repos dans le fommeil , que parce 93 que la chaleur qui occupait les 33 parties externes , fe retire au de- 93 dans 55*
Obfervons , en palfant, que cette mé- thode de furcharger le corps de cou- vertures , n’eft pas moins préjudiciable aux parties blelfées , quand bien même elles pourraient en fupporter le poids > car , en augmentant leur chaleur , la fuppuration peut prendre une mauvaife
C 1^0 )
qualité, faire naître des éréfipelles , dé- terminer la gangrené , &c. &c.
3°. Pour alTurer encore l’efficacité du repos , & prévenir fes inconvéniens ,
les draps du lit & les linges du malade doivent être bien fecs, il faut en chan- ger fouvent ainfi que le malade de che- mife. Il ferait dangereux de le laifTer dans des linges imbibés de fueur, ou d’au- tres matières infeéles , qui produiraient bientôt des rougeurs, des démangeai- fons , des cuifTons au facrum , aux fefles au fcrotum , & à toutes les parties faillantes du corps ; accident qui eft éga- lement la fuite de l’immobilité dans le lit, du long féjour qu’on y fait.
C’eft fur- tout à l’égard des enfans malades que cette précaution eft très- nécelTaire pour favorifer le repos. Les accidents dont nous avons parlé, les agi- tent , les tourmentent beaucoup , & les font pleurer, & c’eft mal-à-propos qu’on attribue quelquefois leurs pleurs à la maladie même.
( 1^1 >
Galien ( i ) eut occafion de voir' un enfant qui criait jour & nuit, fans que le mouvement, ni la mufique, ni le réton . pu/Tent l’appaifer un inftant. Après bien des recherches , il trouva que le lit^ les langes & le corps de Tenfant étaient extrêmement fales ; il le fit lavér, .on lui donna du linge blanc , & , le mo- ' ment d’après , il tomba dans un doux fommeil, qui continua plufieurs heu- res.
Réglé générale , c’eft qu’il faut tenir les malades le plus proprement que l’on peut , parce que cela facilite une douce Iranfpiration , & que la propreté fait renaître en eux la gaieté, favorife la circulation & par conféquent la nutri- tion des parties.
4°. Le repos ne peut être parfait & .abfolu que lorfque les-fens externes ne font pas troublés, Ainfi , quand un ma- lade a été à la felle , il convient de faire
(i) De fanieate tucndi, ûalen. lib, J , cap. ii»
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emporter fes excrémens. Il faut éviter la putridité de Tair , & la corriger quand on s’en apperçoit. La fumée , les odeurs fortes 5 & tout ce qui eft capable d’irriter la membrane pituitaire, eft nuifible en bien des cas.
La lumière ne doit point être vive dans la chambre où repofe le malade , afin de ne pas caufer un violent ébran- lement à l’organe de fa vue , fur -tout s’il eft affeâé : elle ne doit pas alors venir de côté ni en face , mais par der- rière. Le malade eft - il éveillé ? Il ne faut jamais l’expofer tout - à - coup au grand jour : ces précautions ne font pas moins importantes pour les petits enfans. Leur lit doit être difpofé de façon qu^ils ne puiflent rien fixer, fur-tout d’écla- tant & de lumineux. Ils font fufceptibles de toutes les impreflîons : le bruit , la lumière , le changement fubit de l’ath- mofphere , tout les étonne & peut trou^ bler leur repos.
L’organe de l’ouie demande les mêmes
( 1^3 >
précautions pour favorlfer le repos ; ü faut qu il y ait le moins de monde auprès des malades, qu’on y fafïè le moins de bruit poflible , que perfonne ne leur parle fans néceflîté , car , outre que le trop de perfonnes dans la chambre d’un malade & fur-tout près de fon lit, altè- rent l’air,. & en empêchent le renou- vellement , c’eft que la variété des objets occupe le cerveau , & peut en augmenter la fievre , faire rêver les malades.
Autant qu’il eh poflible , on doit les éloigner du bruit , comme loin des I cloches & de l’habitation des ouvriers I dont le métier eft bruyant ; ü c’eft à ' l’armée , le bruit du canon eft plus à craindre ; il eft facile - de prévenir le bruit des charrettes, des voitures, en I falfant mettre de la paille aux environs I du logement du malade.
y®. Le repos , & la même fituation idans le lit, ne doivent pas être d’une i trop longue durée , s’il eft poflible ,
C )
parce que la chaleur réfultante, dont nous avons parlé plus haut, & llnaétion du coqjs rafFaiblilTent de plus en pKis'; que la circulation devient languîlTante , que les vifceres n’étant plus arrofés par la même quantité de fucs, il s’en fuit inertie, défaut d’énergie dans les folides,
' & ftagnation dans les humeurs i & celles-
ci arrêtées dains leur circuladoo, cro-tï- piiîeat , fe corrompent & caufeot d’au- tres maladies indépendantes de celles pour laquelle on a prefcsît le repos asi malade, & auxquelles on ne peut re- médier qu’en prévenant les incoavéaieos du repos.
Qui ne lait que les grandes blcflurcs, les opérations graves dont la cure eft lîcceüàirement très-longue, les fraélures des extrémités inférieures obligent indif- penfablement à garder un repos qui peut deveniçvfunefte?
« Vanfvieten prétend que le repos 33 du corps contribue plus à la généra- « tion du calcul des reins ^ qui eft le
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: » germe de ceux de la vefîîe , que toutes I U les autres caufes , auxquelles on attri- <:33 bue l’origine de cette cruelle mala- <»3 die. Il rapporte qu’un homme qui n’avait jamais paru avoir la moindre 1*3 difpofition à la pierre , ayant été obligé 03 de garder le lit immobilement pendant deux mois & demi , pour une fraélure 03 de cuiiïe , fut attaqué^ quelques fe- 03 maines après fa guérifon, d’une colique 03 néfr étique : il rendit , après avoir =33 elTuyé les plus vives douleurs , une 03 pierre allez inégale , & pendant le 1=33 refte de fa vie^ il a relTenti de tems 33 à autre des accès de cette maladie.
33 Sydenham avait déjà fait l’obfer- .33 vation que les goutteux étalent forts .33 fujets à la pierre , non feulement par ; 33 rapport aux fucs concrefcibles qui f© L33 forment en eux , mais à raifon du W3 long féjour dans le lit 3 où la violence ; 33 des douleurs les retient 33.
Voulons-nous trouver la vraie caufe de cet accident ? Cherchons - la avec
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M. Haies Ci) , dans laftrudure , la poH- tion & les ufages des organes deftinés à la fecrétion de l’urine , & nous verrons clairement comment la fituation hori- zontale & le long féjour dans le lit peuvent occafionner la formation de la pierre; d’après cela, il nous fera facile de prendre les précautions nécelTaires pour prévenir cet inconvénient.
Cependant, fans entrer dans tous les détails anatomiques, il fuflSt que nous fâchions qu’un des reins eft inférieur à la veflîe lorfqu’on eft couché furie dos, ce qui fait que le baftînet devient alors un réfervoir propre à recevoir en dépôt les matières tartareufes de l’urine ; & que l’urine étant poulfée dans cette fttuation vers les reins , avec une force qui eft non feulement égale à la hauteur perpendiculaire de la veflîe, mais encore fuffifante pour la dilater , ainfî que tou-
( I ) Voyez l’Hœmaftatique ,ou la Statique dej tni- TOaux d’Etienne Haies , traduite de l’Anglais , par M. Sauvages , Profefleur en Médecine i Montpellier.
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tes les parties adjacentes, Turine doit prefler avec une force confidérable con- tre les orifices des tuyaux excrétoires des reins ; ce qui retarde cette liqueur dans fon cours , & lui donne plus de tems pour dépofer fes parties tartareufes xlans les petits conduits des papiles ré- nales où M. Haies croit que les pre- miers rudimens du calcul fe forment ordinairement : la difîèâion appuie ce fentiment-, Riolan, Malpighi & Alorga- gni parailTent être de même avis que M. Haies ; car ils alTurent que cette dé- couvdbe a été faite fur quelques fujets chez lefquels on avait à peine foupçbnnc cette maladie.
Comment obvier à ces inconvéniens à l’égard des malades qui , pour leur guérifon, font obligés de garder long- tems le lit ? Le même M. Haies nous indique un moyen fimple , dont on peut faire ufage en bien des cas. C’eft de faire coucher les malades , comme les foldats dans leur corps-de-garde , dans
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une pofture inclinée , avec la précau- tion d’avoir toujours la tête & les par- ties fupérieures plus élevées que les extrémités inférieures.
Dans cette fituation, Turine coulant plus facilement par les ureteres , entraî- nerait promptement au travers de ces tuyaux les matières tartareufes qu’elle contient ; ôc la preflîon contre les orifi- ces des tuyaux excrétoires des reins étant ôtée, l’urine fe féparerait du fang plutôt & en plus grande quantité; c’eft pour cette raifon qu’il paraît vr^ifera- blable , fuivant M. Haies , qu’entr^utres caufes , la fituation droite du corps peut procurer une plus grande facilité pou^ l’excrétion de l’urine le jour que la nuit. -
Cette raifon , & toutes celles que nous venons de donner , prouvent émi- nemment la néceflîté indifpenfable de favorifer le libre cours des urines & le nettoiement des voies urinaires ; elles nous prefcrivent, dans la cure des ma- ladies
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ladies où le repos du corps eft force , rindicatlon du mouvement propre aux parties dont l’aaion eft libre, & parti- culiérement de faire coucher les mala- des alternativement fur les deux côtés. Expofer le méchanifme de cette fîtua- tion, ceft en démontrer les heureux effets. Lorfque nous fommes couchés fur le côté gauche , les tuyaux excré- toires & la cavité du rein gauche étant litués au-deffous de la vefîîe , l’urine , qu’ils féparent , y féjourne long-tems , au lieu que les tuyaux & le bafîînet du rein droit étant fupérieurs à la vefîîe , la liqueur qu ils feparent a un libre cours des reins dans la vefîîe j il doit arriver :1a meme chofe a 1 egard du rein gauche ^ llorfqu’on eft couché fur le côté droit.
II eft donc très-important & très-falu- taire de fe coucher tantôt fur un côté & tantôt fur un autre , afin que les fé- dimens tartareux qui peuvent avoir été dépofés dans un rein , lorfqu’il était inférieur à la veffie , puiffent être chaffés'
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, par le changement de Ctuation , avant •qu’ils aient eu le tems de s’unir en , petites parties fablonneufes , qui devien- draient aifément des calculs confîdéra- .Jbles.
Fin dk la j^nnutn Fanici
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GYMNA S TJqUE
MÉDICINALE '
ET CHIRURGICALE.
SECONDE PARTIE»
Indications fuivant le/quellcs on doit, prefcrire lufap^e du Mouvement & du Repos dans La cure des: maladies,
.Par Texpofé que nous, venons cBe; £iire des effets du mouvement & dm
fipos , les indications générales» d’après; fquelles on doit en prefcrire ou écarter temativement Tufage dans lesmaladiesji,
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feroût faciles à faifir , fur - tout apres une connaifTance parfaite des caufes de chacune d’elles , & des fignes qui les font connaître.
Par exemple , fi c’efi: la fenfibilité , la douleur, l’irritabilité, la trop grande agitation des liqueurs qu’il s’agit de calmer-, fi leur épaiffilTement doit entrer dans le plan d’une curation,. fi les efets du mouvement ne peuvènt que la con- trarier ou augmenter l’intenfité des au* très accidens; enfin s’il y. a profiratibn de forces , il eft clair que la principale indication eft de ramener le calme & la tranquillité dans la machine, Sc que c’eft. au repos qu’il faut avoir recours.^
Si c’en: l’épalllifTement des liquides qu’on a à combattre ou à prévenir dans la curation des maladies ; fi les fibres* font relâchées, & dans l’àtonie , s’il y a rigidité d'ans les ligamens & roideur dans les articulations , s’il faut réveiller la chaleur naturelle , il n’y a pas dé doute qu’on ne doive appeller le mou-
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vement, pourvu qu’il n’y ait pas de contr’indication particulière à fon em- ploi.
La connailTance des caufes & des fymptômes des maladies , le fecours des exemples & des faits accompagnés de réflexions propres à fixer nos idées fur les avantages & les inconvéniens ref- pedifs de ces deux moyens de guérir , ne nous permettront pas d’en faire une faufle application. £t pour mettre ce que nous allons dire dans un ordre facile à faifir , nous le diviferons en deux Chapitres feulement. *
Dans l’un , nous préfenterons les in- dications, d’après lefquelles le repos doit être prefcrit; dans l’autre, celles
qui doivent déterminer le mouvement* /
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CHAPITRE PREMIER.
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Ijidicaiions d’apres lefquelles h Repos doit être prefcrit dans le traitement des Maladies i
D ANS ce premier. Chapitre , ainfî que dans le fécond ^ nous fuivrons Tor- dre anatomique pour toutes les mala- dies , tant internes qu’externes , qui en font fufceptibles. Les maladies générales , ' ou celles qui n’ont point de fiege fixe , feront traitées les premières \ enfuite nous parcourrons, fucceflivement celles qui affeéient la tête, le tronc & les cxtiêmités. Cet ordre nous a paru d’au- tant plus naturel & plus commode , qu’il fera plus facile de diftinguer avec lui Tefpece de repos ou d’exercice qui conviendra, eu égard à la partie ma- lade.
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Maladies inflammatoires en généraL
Les maladies inflammatoires , tant internes qu’externes , telles que le pkleg- mon , l’éréfipelle , &c. font ordinaire- ment accompagnées de la fievre qui eflr quelquefois affez forte, & c’eft ce que l’on remarque dans celles qui ont pour fymptômes , le vifage enflammé , un battement violent des carotides , les' yeux rouges, la crainte de la lumierr, un grand mal de tête , un abattement général , la refpiration laborieufe , &c. mais n’y eût-il que de la fievre jointe' à une partie enflammée , le malade ne peut la mouvoir, il fe plaintd’une grande; laflîtude & n’aime que le repos.
Ces fymptômes nous montrent évi- demment l’indication de laiffer le malade tranquille, & même de le faire coucher-; car le repos dans le lit, détruit les fpaf-- I mes , abat la violence de la. circula^
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tîon, & met la- nature en état d’employer toutes fes forces pour expulfer la ma- ladie & favorlfer la réfolution de la par- tie enflammée , conjointement avec î’ufage des remedes généraux & diété- tiques.
Le repos efl: d’autant mieux indiqué dans la cure des maladies inflammatoires internes ou externes, que, d’une part, l’exercice immodéré où les travaux exceflTifs les ont fouvent occafionnés , & que , de l’autre , les malades qui ont voulu combattre le mal, en continuant leurs travaux & leurs exercices ordi- naires , l’ont fixé plus profondément , au lieu de le chaifer. Ajoutez que le repos du lit a fouvent guéri feul une fievre dans fes commencemens , & pré- venu les fuites fâcheufes d’un phlegmon: raifons décifives pour preferire le repos dans les maladies inflammatoires.
Si la fievre & le mal de tête font confidérables , fi le malade efl: menacé du délire , le repos ordinaire n’efl pas
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fuffifant r il faut qu'il foit dans le repos le plus profond de la part des chofes extérieures , & que la tranquillité de fon corps s’étende jufqu’à fon efprit , ' pour prévenir Tintenfité des accidens.
Rarement la compagnie peut-elle être agréable à un malade dans ce cas-là; & cela par la raifon que tout ce qui peut troubler fon repos & fon imagination,
( même une trop vive lumière ) , que tout ce qui affede fes fens trop forte- ment, aggrave fa maladie.
Les Anciens , pénétrés de l’impor- tance de cette précaution , faifaient cou- cher leurs malades dans des lieux obf- curs & éloignés. Obfervons néanmoins qu’il y aurait du danger de la pouffer trop loin , & de vouloir tenir dans une obfcurité confiante un malade en délire. On a éprouvé que ces fortes de ma- lades, quand on fait ouvrir les rideaux de leur lit , afin qu’ils voient clairement les objets qui les environnent, étaient beaucoup plus tranquilles que dans les
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ténèbres mêmes : la raifon en efl: fenfi- ble , c’eft que lorfqu’un délire n’eft pas porté au dernier degré , plus on fortifie les imprefilons que les objets extérieurs peuvent faire fur les fens, plus on a lieu d’efpérer que les fenfations vraies pré- vaudront fur les faulfes imaginations.
Cependant quelques précautions que Ton prenne en éloignant les malades du bruit, pour alTurer le fuccès du repos, les douleurs lancinantes , l’ennui , &c. les privent quelquefois du fommeil qui leur ferait néceifaire.
Toutes les maladies inflammatoires font "prefque toujours précédées du friffon plus ou moins violent : auffi les malades veulent - ils qu’on les couvre beaucoup , fous prétexte de les défendre du froid & d’exciter la fueur; mais il faut être attentif à les découvrir , dès que le froid diminué , afin que, quand la chaleur commence , ils n’aient rien de plus que leurs couvertures ordinaires. L’ufage contraire a beaucoup de fuites
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lâcheufes : il augmente la raréfadlon des humeurs & la vélocité de leur cours ce qui rend la .fievre plus forte & fait naître des difpofitions à Tinflammation. & aux engorgemens, & change quelque- fois le caradere & l’état de la tumeur>, inflammatoire.
L’accablement des malades les tient: ordinairement dans une pofition hori- zontale dans le lit ; cette pofture ne peut, être, gardée long - tems fans qu’ils enj foient incommodés & expofés aux acci- dens dont nous avons parlé plus , haut., C’eft pourquoi, lorfque le malade en. ai la force, .il convient de le tenir de. temsj en tems fur fon féant : ce changement de pofition produit fouvent de. fort, bons effets j il foulage la tête en ralen— tiffant la vîteffe avec laquelle, le. fa ng-' arrive dans le cerveau,.
D.ès que lés premiers accidens: font: paffés, que la codion des humeurs pa- raît fe faire, que la tumeur inflàmma-j, toire prend la voie de la réfoUitioni
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( & quand bien même elle tournerait à la fuppuration ) alors il y aurait du danger de laifler le malade plongé dans un repos profond, & un danger encore plus grand de -le lailTer enfeveli dans fon lit.
Il eft d’expérience que les malades reçoivent un très -grand foulagement lorfqu’on les tire de leur lit le matin; & cela par la raifon que plus leur com- plexion efl: délicate, plus ils font affaiblis par la maladie, & moins le féjour dans le lit , hors le tems du fommeil , leur eft profitable. En un mot , le repos trop prolongé énerve les foHdes & faitftagner les humeurs ; & les forces & l’aéfion vitale, fi néceffaires à la guérifon, ne peuvent fe rétablir par l’inaéfion.
Le renouvellement de l’air de la chambre où les nialades ont dormi eft bien effen- tiel, mais il ferait d’un faible fecours , fi on laiffaitle corps entre les draps &fous les couvertures imprégnées de fhumi- dité de la fueur & de la tranfpiration.
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Nous avons dit dans notre première partie , que les influences douces de Tair du matin donnaient du reflbrt aux fibres, & qu’elles préparaient aux grandes évacuations. Elles feront plus promptes & plus faciles, quand le corps aura changé de lieu &fe fera procuré une athmofphere nouvelle.
Cette attention à faire fortir du lit les malades, eft de la plus grande utilité dans le traitement des fièvres putrides & de réréfipelle , fur-tout de celui qui attaque la tête , & pour lequel il fuffit de garder 'la chambre fans forcer le malade à refler au lit.
Un autre inconvénient du trop long féjour dans le lit, pour les maladies mêlées de putridité , c’eft que la tranf- piration , la moiteur & les fueurs qui font alors plus fréquentes & plus copieu- fes , refluent néceffairement vers les malades , par l’application des couver- tures qui les enveloppent, & qu’il en repafle une partie dans la malTe du fang ,
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par les pores ab forbans ; ce qui aggrave - d’autant plus la maladie.
Sydenham ( i ) louait beaucoup la méthode de faire fortir du Ht les ma- lades , & de les tenir levés quelques heures dans le jour. Il la regardait, comme le meilleur moyen d’abattre la fievre , de diminuer le mal de tête &C. les rêveries. Cependant il faudrait éviter de les faire lever pendant qu’ils auraient- des fueurs de nature à les: foulager; mais fi-tôt que leur état le permet , il convient d’en profiter & de les changer même tous les jours , s’il eft poflible , &, de linge & de lit.
Je fais que cette méthode fouffre des contradictions , & j’en ai meme éprouvé quand j’ai voulu en faire ufage. On hé- fitc , on craint de tirer un malade du.
il) Si ager quotidiè le6lo al'Jlincret, faltèm ad hora» aliquot , vcl Ji id vecaret major cjua delilitas , vefics. faltèm indueret , & fuprâ leElujn cubant , capite paulà tlatiori , nullis jiragulh teclus ^ ut grato hcc refrigeria nimiùs ardor compefeeretur., Sydenbasn , f. .5 , cap. 1 u
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lit ; on préféré de le laiffer. dans des linges & des draps fales , chargés de corruption , & q,ui font capables de donner un caraétere de malignité à fa maladie. Mille gens.qui font les entendus nous repréfentent que le malade eft trop’ faible, & que c’eft vouloir diminuer encore fes forces , anéantir tout-à- ait que de le changer. Infenfés ! .il audrait qu’il fût prefque mourant pour ne pas foutenir l’opération que nous vous confeillons pour lui. Suivez-Ia fans bafancer & vous verrez qu’en affai- bhffant fes forces pour le moment, elle les augmentera le moment d’après & qu’elle diminuera fur le champ fon mal-
Nous ne dirons rien ici fur la maniéré de fojgner les malades dont il s’agit dans le déclin de leur maladie ; leur ■ convalefcence étant un état de faible/T- de langueur, qui exige les fecout tdu mouvement, nous renvoyons cet :‘objet à notre fécond